
ont fait leur demeure, s apercevoient que nous pénétrions par uh côté, ils se
repandoient dans les galeries adjacentes, et témoignoient leur mécontentement par
des huilemens épouvantables et en nous jetant des pierres, des grottes seroient
cependant curieuses à visiter, quand elles n’offriroient que le tableau hideux d'un
peuple troglodyte, tel que l’on a prétendu quetoient les premiers Égyptiens et les
Éthiopiens. Nulle part, sur la surface du globe, on ne trouvera l’homme dans un
état plus voisin de l’abrutissement, et cependant environné d’un plus grand nombre
de monumens qui attestent les vastes conceptions de son génie.
s e c t i o n v u .
SECTION VII,
P a r MM. JO L L O I S e t D E V I L L I E R S ,
I n g é n i e u r s d e s p o n t s e t c h a u s s é e s .
Description des Ruines de Louqsor.
D E quelque côté que l’on arrive à Louqsor, soit qu’on le considère de Karnak,
de la chaîne Arabique, ou du rivage opposé, soit que l’on monte ou que l’on descende
le fleuve, on n’aperçoit, au premier coup-d’oeil, que la masse imposante des
monumens antiques qui s’élèvent majestueusement au-dessus des constructions
modernes. Celles-ci se distinguent à peine au milieu des décombres qui les environnent
, tandis que de très-loin le pylône et les obélisques annoncent aux voyageurs
l’ancienne capitale de l’Égypte.
Le village et les ruines de Louqsor sont situés sur un même monticule de
décombres, qui s’élève de trois mètres environ au-dessus de la plaine, sur une
longueur de sept cents mètres et une largeur de trois cent cinquante mètres. La
partie septentrionale du palais est enveloppée dans le village. Vers le sud, les
édifices ne sont plus environnés d’habitations modernes ; ils en renferment au
contraire quelques-unes. Sur le chemin de Karnak, on voit un autre monticule (1)
de décombres, qui s’étend dans la même direction que le premier : il a environ
huit cents mètres de longueur sur quatre cents de largeur et deux mètres de
hauteur. A la suite , et en allant du même côté, on trouve encore un autre monticule
de la même nattire : celui-ci est moins élevé et beaucoup moins étendu
que les autres. Toujours dans la même direction, et presque jusqu’à Karnak, il
existe des buttes semblables,qui forment une espèce d’amphithéâtre, dont la concavité
est tournée vers le Nil. Du côté du sud-est, un bois de palmiers est planté
sur une élévation factice, peu exhaussée au-dessus de la plaine, et qui paroit
faire suite à toutes ces ruines. Aucun des monticules dont nous venons de
parler, excepté celui sur lequel sont situés les édifices et le village de Louqsor, ne
présente d’habitations anciennes ou modernes : ils sont cependant formés des
débris des constructions particulières qui composoient le quartier de Thèbes sur
lequel dominoit le palais.
Dès qu’on aborde à Louqsor, si l’on y est conduit par le goût des arts et des
antiquités, on a bientôt franchi l’espace couvert de décombres qui sépare le
fleuve du monument. O11 se trouve alors transporté au milieu d’une forêt de
colonnes, les unes de six mètres (2.), les autres de dix mètres (3) de circonférence.
(1) Vo/ez le plan général de Thèbes, pl. t , A . vol. 11, (2) Dix-huit pieds cinq poùces.
et le plan topographique, pl. ï , A . vol. I I I . (3) Trente pieds neuf pouces.
A . D . A a