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A r t i c l e I I .
D u p etit Temple situé à l ’extrémité sud de l ’Hippodrome.
A neuf cents métrés a peu près de ¡’extrémité sud de l’enceinte, et presque
dans la direction de la grande avenue de portes triomphales formant le côté occidental
de 1 hippodrome, on trouve les restes d’un temple(i). Sur le chemin que.J’on
suit pour y arriver, on rencontre quelques buttes factices, qui semblent, au premier
abord, etre la continuation de celles que nous venons d’examiner, mais qui, dans la
realite, n ont avec elles aucune espèce de liaison. Le temple nous a été désigné, par
les gens du pays, sous le nom de Deyr; et le lieu qu’il occupe, sous celui &el-Katreh,
Cette dénomination de Deyr [couvent] est peut-être restée àTcdifice, à cause de
i usage auquel il aura servi dans les premiers siècles du christianisme. Quoi qu’il en
soit, c est un temple d architecture Égyptienne, maintenant peu considérable, mais
qui paroit lavoir été beaucoup plus autrefois. Il est situé sur une butte factice,
qui s etend a trente mètres, de part et d’autre del’édifice, au nord et au sud. Ces décombres
sont peu elevés au-dessus de la plaine; et c’est une raison de croire que les
constructions qu elle renferme, ne sont pas d’une antiquité moindre que la plupart
des autres monumens de Thèbes. On arrive au temple par une porte située à l’ouest
et en face du Nil. Elle est maintenant détruite en grande partie. Son axe, qui est le
meme que celui du temple, fait un angle de 66° avec le méridien magnétique.
Son épaisseur est a peu près de six mètres. Dans l’intérieur, elle est divisée, comme
toutes les portes de-ce genre, en trois parties, dont les deux extrêmes sont égales,’
la partie intermédiaire, qui est la plus grande, recevoit les deux battans de la porte
lorsquils étoient ouverts. Ce qui subsiste de cette construction, annonce qu’elle
devoit etre colossale, et qu elle formoit 1 entrée cMun édifice de quelque importance,
On trouve les restes du temple à soixante-un mètres de là vers l’ouest : ils s’étendent
dans un espacé rectangulaire de treize mètres de long et de huit mètres et dejni de
large. On y pénètre par une porte pratiquée dans un mur presque ruiné à sa partie
nord. On entre d abord dans une première salle oblongue, qui semble n’être que
la continuation d un couloir, d’un mètre de large. Ce couloir isole de toutes parts
la seule portion intacte, qui est le sanctuaire du temple.
La partie sud de 1 édifice est la mieux conservée. Le couloir est dans une obscurité
profonde. Il sert dissue à trois pièces plus longues que larges, toutes ornées
de sculptures. Elles etoient probablement éclairées par des soupiraux pratiqués dans
I épaisseur du plafond. La première renferme encore les restes d’un escalier qui
conduisoit sur les terrasses du temple. Au nord, il y avoit un pareil couloir et de
semblables pièces ; mais tout est maintenant enseveli sous les décombres.
On pénétré dans le sanctuaire (2), qui a quatre mètres de long et deux mètres
de large, par une porte décorée d’une corniche surmontée d'ubceus. La face
(1) Voyez pl. ,8 , fig. 4 , A . vo l I I . (2) Voyez pl. ¡S , f g . 4 , A . ¡■ol.JI.
antérieure du sanctuaire ( i ) est couronnée d’un entablement pareil qui se reproduit
a 1 extérieur dans tout le pourtour de l’édifice. Ce sanctuaire est couvert
de sculptures dont on n a recueilli qu’un seul tableau ( 2 ) situé dans le coin à
droite en entrant : il représente Horus assis dans une tribune posée sur un autel.
Un sphinx est sculpté sur un des côtés de la tribune. Au-dessous on voit un lion,
attribut d’Horus ou du Soleil, dont la puissance augmente, lorsqu’arrivé au solstice
d’été, il parcourt le signe du lion. Une petite figure, la tête mitrée, et tenant à la
main une palme, est couchée sur le côté de la tribune près d’Horus. Un prêtre
offre à cette divinité une longue guirlande de lotus implantés les uns dans les
autres. Un pareil enlacement de lotus est placé derrière la tribune, et semble l’envelopper.
Si l’on en juge par la grandeur de la porte située en avant des ruines, et si l’on
considère que ce qui reste du temple n’en est que le sanctuaire, on ne doutera
pas qu il ne faille voir ici les débris d’un édifice considérable. Probablement il y
avoit un premier et un second portique, comme dans la plupart des temples dont
les plans ont de l’analogie avec les constructions que nous venons d’examiner (3).
( 1) Voyez pl. 18 , fig. 6 et y , A . vol. I I .
(2) Voyez pl. 18 , A . vol. I L
(3) V°yez plan d'Edfoû, A , vol. I , et le plan de
Denderah, A . vol. IV .