
TABLE.
S ection I.tc page i
S. m De la route de Syène a Ombos................................................. . i . . . . .......... ibid
S. II. De la ville d‘Ombos, et de ses antiquités.. . ................................................ 2
S. III. Du grand temple d'Ombos................................................ 4
S. IV. Du petit temple d Ombos................................................................ 10
S. V. De la route d’Ombos à Edfou..............................* ............... n
Section II. Description de G eb el Selseleh , et des carrières qu i ont fo u rn i
les matériaux des p rin cip a u x édifices de la Thébaide................................. 13
S. I.er Observations topographiques............................................................................... 14
S. II. Observations sur les matériaux tirés des environs de Selseleh, pour la construction
des anciens édifices........................................................................... ............. \
5. III. Méthode d'exploitation des anciens Egyptiens.................................... 20
S. IV. Des exploitations souterraines et des grottes qui sont aux environs de Gebel
Selseleh...............................................................................| ........................ 22
S* V. De l ’aspect de la contrée............................................................................ .. 2A.
DESCRIPTION
DES ANT IQUIT É S D’ ED FOÛ ,
P a r E . JO M A R D .
C H A P I T R E V.
§.
Observations générales et historiques.
D ans la partie la plus reculée de la Thébaïde, est un lieu presque inconnu en
Europe, et qui renferme un des plus beaux ouvrages de l’antiquité. Cet ouvrage
est le temple d’Edfoû, que l’on peut comparer, pour la conception du plan, pour
la majesté de l’ordonnance, pour l’exécution et la richesse des ornemens, à ce
qu’il y a de plus magnifique en architecture.
Edfoû est un assez gros village du Sa’yd, situé sur la rive gauche du N il, entre
Syène et Esné, à cinq myriamètres (i) au-dessus de ce dernier endroit. D ’après les
nouvelles observations astronomiques, ce village est à 24° 58’ 4 3 ” de latitude
boréale, a 30° 3 3 ' 44" de longitude à l’orient de Paris: il est éloigné du fleuve
d’environ un kilomètre et demi (2). Les habitans sont Mahométans pour la plupart,
et le reste est composé de Chrétiens Qobtes. Un grand nombre est occupé
à la fabrication de plusieurs espèces de poteries, et principalement des ballas (3),
que l’on fait avec une terre argileuse tirée de la montagne voisine : pour certains
vases, on se sert d’une argile plus fine, mêlée de limon et de cendre, et qui prend
au feu une belle couleur rouge, Une industrie héréditaire a conservé chez ces
pauvres gens les pratiques anciennes du pays et la tradition des belles formes de
l’antiquité : en effet, le tour des potiers d’Edfoû, et le galbe des vases que j’y ar
vu fabriquer, représentent fort bien ce qu’on a découvert d’analogue dans les peintures
Egyptiennes,
On rencontre à Edfoû beaucoup d’Arabes de la tribu des Abâbdeh, l’une des
plus remarquables de toutes celles qui fréquentent l’Egypte, soit par les moeurs de
ces Arabes, soit par leur physionomie, soit enfin par l’usage des cheveux longs,
presque inconnu dans l’Orient, J ’en ai vu arriver à ce village de grandes troupes,
voyageant sur le Nil, à cheval sur des faisceaux de joncs et de roseaux ou sur des
(t) Dix lieues. (3) Sorte de jarre en usage par toute i’Égypte.
(2) Un tiers de lieue.
A. D. A