
M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
suivant un tube de germination dans la plantule
quand le grain d’Orge germe.
5 ° U s t i l a g o T r i t i c i Jens. — Cette espèce
avait été confondue par M. Brefeld avec le
Charbon de l’Orge sous le nom d'Ustilago
Hordei Bref. Les spores forment une masse
brune, olivâtre-foncée, peu dense. Elles sont
ovoïdes, ellipsoïdes ou presque sphériques.
Elles produisent en germant un promycélium
rameux, septé, comme celles de VUstilago
Hordei, mais n’infectent que le Froment et
non l ’Orge.
C’est au point de vue agricole un fait important
que d’avoir établi avec sûreté que le
Charbon ne se transmet pas comme on pensait
d’une céréale à l’autre, de l’Orge à l’Avoine,
ou au Blé, ou réciproquement.
Les pieds de céréales attaqués par le Charbon
ne présentent pas dans leur végétation de
caractère qui les signale , tant que l’épi ou la
panicule n’est pas sorti du tuyau que forme
la gaîne de la feuille; ils sont seulement un
peu plus forts et de couleur plus foncée.
Lorsque l’inflorescence charbonneuse se
dégage, les parties où se sont formées les spores
sont plus ou moins complètement déchirées
et détruites; les spores sont mûres et le
vent les emporte (fig. 63). Il est donc assez difficile
d’observer les premiers développements
des spores du Charbon des céréales. Le meilleur
moyen pour y parvenir est d’examiner
les rejets d’un pied charbonné qui ait tallé.
Peu, il est vrai, sont dans ce cas, mais on en trouve
cependant quelques-uns, surtout dans l’Avoine et comme
C H AM P IG N O N S P A R A S I T E S . 167
toujours toutes les pousses de la talle sont également
charbonneuses, on y peut examiner le parasite à divers
états de développement.
La présence de VUstilago entraîne toujours l’avorte-
ment plus ou moins complet des organes de la fleur et
une altération notable de la structure normale des épil-
lets. Ainsi dans les Avoines ifig. 64), les bractées florales
sont gonflées par leur
partieinférieure envahie
par VUstilago Avenue
et n’atteignent pas leurs
dimensions ordinaires
et de plus, d’après les
observations de Tulasne
1!, leur nombre augmente
souvent danschaque
épillet, tandis qu’on
n’y trouve pas trace des
organes essentiels de la
fleur.
La turgescence et la
F ig . 64.
soudure congénitale des
K p i l l e t s c h a r -
F ig . 6 5 . — É p i l l e t s
BON N ES d ’a v o i n e .
CHARBONNÉS d ’ ORGE.
diverses bractées florales
(D ’ap rè s T u la sn e . )
(D ’ap rè s T u la sn e .)
sont particulièrement
manifestes dans l’Orge distique (fig. 65(i, où les trois
fleurs qui naissent sur chaque dent du rachis de l’épi
et dont celle du milieu est seule fertile sont presque
complètement soudées quand le pied est charbonné ;
elles forment un corps charnu ovoïde comprimé d’où
partent les arêtes correspondant aux bractées qui entraient
dans la composition des fleurs défigurées. Il sem-
(i) L. et Ch. Tulasne, Mémoire sur les Ustilaginées. — .Ann. des Sc.
Nal. Bot. Série I I I , t. 7, i8t-7-
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