
devenus mornes, engourdis et ont refusé de manger et
de boire pendant 24 heures.
Les effets produits par ce Seigle ne ressemblent pas
à ceux que cause l’E rgo t, mais plutôt à ceux de l ’ Ivraie,
avec une action plus intense et plus rapide.
Ces grains vénéneux sont de fort médiocre apparence,
petits, légers, et resserrés comme sont toujours
ceux qui se dessèchent sans avoir pu atteindre leur complet
développement.
Si on en fait une coupe transversale, on voit que l a
partie externe de l ’albumen de ces grains est envahie
par le mycélium d’un champignon qui forme une
épaisse couche feutrée occupant la place du tissu normal
qui est détruit. On ne trouve plus trace, le plus
souvent de la couche externe qui dans le grain sain se
distingue par la forme carrée de ses cellules et leur
contenu constitué exclusivement par de fins grains protéiques.
L e s filaments du mycélium envahissent en
outre les cellules internes de l ’albumen qui contiennent
le gluten et les grains d’amidon, sur lesquels ils
exercent une corrosion bien visible. Dans les cellules
les plus rapprochées de cette couche feutrée qui occupe
la périphérie du grain de Se igle , les grains d’amidon
sont de plus en plus petits ; au contact même de cette
couche, ce ne sont plus que de très fins granules colo-
rables en bleu par l ’iode. En traitant la coupe d’un
grain de Seigle enivrant par l ’iode, on distingue très bien
la zone envahie par le champignon de la portion centrale,
où il n’a pas pénétré et qui seule se colore en violet
(fig. 460).
Cà et là quelques filaments du mycélium s’échappent
de cette lame feutrée qui enveloppe tout l ’albumen et
(i) Priliieux et Delacroix, T ra va u x du L ab o ra to ire de Pa th olo g ie végétale,
t. V I I , p. 104 ( 18 9 1) et t. V I I I , p. 22 (1892).
pénètrent dans les téguments du grain. Si on place ces
grains dans un milieu saturé d’humidité, on voit au
bout d’une quinzaine de jours, par une température
d’environ i 5“, se développer à leur surface de petits
coussinets de couleur blanchâtre prenant ensuite une
nuance légèrement rosée; ils sont arrondis, un peu déprimés
au sommet et varient de i à i millimètre et demi
de diamètre. Une coupe
transversale montre que
ces coussinets ne sont
rien autre chose que
l ’épanouissement au dehors
du mycélium de
l’intérieur du grain ; ils
sont formés de touffes
pressées de filaments ramifiés,
dont les branches
aboutissant à la surface
produisent des spores à
leur extrémité (fig. 4 6 1).
L a formation de ces
spores présente une disposition
F ig. 4 6 0 .— C ou pe d’un g r a in de S e ig l e
EN IV R A N T PO R T A N T A SA SU R F A C E DES
TOUFFES N Endoconidium temulentum.
( L a coupe a été t r a ité e par* Tiodo ; le s p a r tie s où
i l y a encore d e l ’am id on sont m a rq ué e s c n n o ir .)
très particulière et dont 011 ne connaît que d’assez
rares exemples, mais qui ne sont pas sans analogie
avec la formation des spores du M on ilia . Elles sont produites
non pas toutes à la fois, mais successivement à l’intérieur
des rameaux fructifiés (fig. 4 6 1 B etC). Le plasma
qui remplit le dernier article du rameau se différencie à sa
partie terminale et s’organise en une spore qui s’isole
complètement, s ’entoure d’une membrane propre, puis
sort par une ouverture qui se fait au sommet du tube
qui la contenait. Celui-ci reste ouvert et béant après la
sortie de la spore et on distingue sa paroi hyaline au delà
du point où est le plasma. Ce dernier continue à pro-