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Cette observation explique le fait souvent remarqué
que les pousses basses qui traînent sur le sol sont
attaquées les premières. Mais les éclaboussures produites
par les pluies d’orage ne sont pas seules à transporter
les spores d’hiver sur les vignes; il ne paraît
pas douteux que les limaçons si communs, aident aussi
à la dissémination des spores d’hiver. Elles s’attachent
à leur pied quand ils rampent sur le sol et quand ensuite
ils grimpent sur les ceps et même sur les arbres
où les vignes sont enlacées ils les portent jusqu’aux
plus hautes branches, où elles restent collées et germent.
L ’apparition du Mildiou peut avoir lieu de très bonne
heure, dès les mois de mai ou de juin dans les contrées
méridionales; on l’a constatée du lo au 20 mai
aux environs d’Alger. Dans le Lot-et-Garonne, la Gironde
et l’Hérault, elle se produit très souvent en juin
ou au moins dans la première quinzaine de Juillet.
A cette première apparition, le Peronospora viticola
peut très bien attaquer non seulement les feuilles, mais
les grappes en fleurs et les jeunes grains à peine noués,
que l’on peut voir couverts de l’efflorescence blanche
que forment les touffes de conidiophores du Peronospora.
Dans ce cas, le parasite produit la chute d’une
grande quantité de jeunes grains. La coulure peut donc
être la conséquence d’une invasion précoce des grappes
par le Mildiou vers l’époque de la floraison.
Souvent après la première invasion printanière le mal
est arrêté par la température sèche de l’été. Les taches
brunes et desséchées des feuilles ne s’étendent pas, il ne
s’en forme pas de nouvelles. Le parasite ne produit
plus de conidiophores, il est engourdi dans l’intérieur
de la feuille et ne gêne en rien l’active végétation de la
Vigne; mais qu’un orage survienne, que le temps devienne
humide et tiède, le Peronospora renaît aussitôt,
les petites forêts de conidiophores réapparaissent sur le
pourtour des taches desséchées du printemps et elles ressèment
en si grande quantié les conidies autour d’elles
qu’il se produit alors de ces invasions foudroyantes qui
brûlent en quelques jours tout le feuillage et font disparaître
toute verdure dans le vignoble. Dépouillés de la
plus grande partie, quelquefois même de la totalité de
leurs feuilles, quand les raisins sont encore verts, les
ceps ne peuvent que languir pendant les derniers mois
de leur végétation, les grappes ne mûrissent pas ou mûrissent
mal; le bois même des pousses ne se forme pas
comme d’ordinaire; il n’est encore qu’incomplètement
lignifié quand l’hiver arrive et bien souvent, même en
Provence, les pieds de Vigne qui ont été fortement attaqués
par le Mildiou ont beaucoup à souffrir du froid
en hiver.
Ce n’est pas du reste seulement indirectement, par la
destruction des feuilles qui doivent nourrir les grappes
et permettre aux grains de se gonfler et de se remplir de
sucre que le Peronospora réduit la récolte et lui enlève
la plus grande partie de sa valeur; il a encore une action
directe sur les grains qu'il attaque aussi bien que
les feuilles et dans lesquels son mycélium se développe
très puissamment en causant la mort et la désorganisation
des cellules de leur chair qui brunit et se dessèche
ou pourrit.
Avant l’introduction du Peronospora dans les vignobles
d’Europe on connaissait en Amérique des maladies
des grains que l’on y désignait sous le nom de Rot.
D’ordinaire la destruction des grappes par le Rot était
signalée là où les feuilles des vignes étaient envahies
par le Mildiou : on avait reconnu que les mêmes conditions
météorologiques favorisaient le développement du
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