
rantes et forment des amas colorés de nuances très vives
jaune, orangé, pourpre, vert ou bleu.
Le corps protoplasmique de la Bactérie est enveloppé
d’une membrane que l’on peut, dans certains cas, distinguer
bien nettement. Seule, la couche interne en est
solide, la couche externe est plus ou moins gélatineuse.
Les amas de Bactéries qui se développent dans un milieu
humide forment des masses gélatineuses. Dans certains
genres le revêtement gélatineux des Bactéries peut
prendre un développement énorme. On en a un remarquable
exemple dans ce que l’on nomme la Gomme des
sucreries qui est produite, comme l’a montré M. Van
Tieghem (i), par une Bactérie, le Leuconostoc mesente-
roides, qui envahit les cuves contenant des jus sucrés de
la Betterave et les remplit de sa gelée compacte; cette
gelée est formée par l’enveloppe gélifiée des cellules du
Leuconostoc qui se multiplient en quantité prodigieuse.
La Bactérie prend des teintes très foncées en absorbant
des solutions de diverses matières colorantes. On
utilise cette propriété pour rendre plus visibles les Bactéries
qui, à cause de leurs très petites dimensions
ne sont pas toujours facilement perceptibles, même à
l’aide des forts grossissements que donnent les objectifs
à immersion.
Un grand nombre de Bactéries peuvent, quand elles
sont dans un liquide y nager en exécutant des mouvements
spontanés de rotation autour de leur axe ou d’oscillation.
Elles peuvent être alternativement et, selon les
conditions où elles se trouvent, tantôt immobiles, tantôt
animées de mouvements.
Les Bactéries se multiplient en se divisant en deux ;
chacune des cellules-soeurs ainsi produites se divise à
(i) A n n . d e s S c . n a t ., 6“ sc rie, t. V U , 18 77.
son tour en deux; la division se répétant simultanément
un nombre infini de fois, la propagation des Bactéries
s’effectue avec une rapidité prodigieuse.
Le plus souvent, la division a lieu toujours dans la
même direction et les cloisons successives sont toutes
parallèles; bien plus rarement elle se fait dans deux ou
trois directions; il en résulte des groupements difiérents
des cellules et par suite, quand elles demeurent attachées
les unes aux autres, des diversités de formes, des files ou
des amas de cellules.
En outre de cette multiplication par division des cellules
qui a fait donner aux Bactéries le nom de Schizo-
mycètes, ces petits êtres peuvent former à leur intérieur
des corps reproducteurs ou spores. Ce sont des corpuscules
globuleux, ellipsoïdes ou fusiformes, ayant ordinairement
moins d’un millième de millimètre (ip) de
largeur et qui sont très réfringents.
Ces spores résistent à la dessiccation et supportent
sans être tuées une température bien plus élevée que
celle qui suffirait à faire périr les Bactéries qui les produisent.
Elles se forment en général quand les conditions
sont défavorables à la végétation des Bactéries,
quand, par exemple, le liquide nutritif où on cultive les
Bactéries est épuisé ou quand il s’y accumule des produits
sécrétés par elle et qui sont nuisibles a leur développement.
D’après la forme de leurs cellules, les Bactéries se
rapportent à trois groupes, selon qu’elles sont globuleuses,
en bâtonnets droits ou contournés ou en longs filaments.
Au groupe des Bactéries globuleuses ou Sphéro-
bactéries se rapportent les Micrococcus dont les cellules
sont isolées, les Diplococcus où, après s’être divisées elles
restent liées deux à deux, les Streptococcus où elles restent
attachées en file. Quand les chapelets de cellules globu