
2 2 6 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S ,
vent être attaquées, comme le Blé, paxVOphtoboliis graminis.
L E S NOIRS
On voit très souvent les parties mortes des plantes les
plus diverses se couvrir d’un velouté d’un noir olive
foncé, formé par des filaments dressés portant des spores
déformés diverses. Tous ces conidiophores émanent de
filaments mycéliens cloisonnés, noirâtres, qui sont répan dus
à l’intérieur du tissu mort et souvent aussi rampent
à sa surface, où, parfois, ils forment des lames qui sont
assez semblables à celles que produit la Fumagine. Ces
Noirs diffèrent essentiellement de la Fumagine, en ce
que le mycélium des Capnodium de la Fumagine est
toujours superficiel, et que la lame noirâtre qu’il forme
s’enlève en écailles de la surface de l’épiderme qu il
couvre, tandis que les Noirs dont il s’agit ici se développent
dans l’intérieur même de la plante nourricière,
hors de laquelle poussent leurs organes de fructification.
Ces noirs sont le plus souvent saprophytes, mais il
en est qui peuvent aussi se développer en parasites suides
plantes vivantes, bien que, comme une grande quantité
d’autres parasites, ils ne fructifient que sur les parties
mortes de leurs plantes nourricières.
L ’histoire de ces champignons est encore fort incomplète.
Ils sont extrêmement variables déformé, etle plus
souvent les genres auxquels on les rapporte ne sont que
bien vaguement déterminés. Il est probable que l’on a
parfois confondu les unes avec les autres, des espèces
différentes ayant des fructifications noirâtres et vivant
associées sur les plantes mortes, et inversement, considéré
comme espèces distinctes des formes extrêmement
différentes d’un même champignon noir; ce n est que
par des cultures expérimentales permettant de suivre les
développements du mycélium provenant de spores déterminées,
que l’on pourra établir sûrement quelles sont les
formes qui doivent être rapportées à une même espèce.
Tant que cette preuve n’aura pas été faite, et c’est le cas
le plus fréquent, on est réduit à des probabilités.
Les fructifications que l’on voit le plus communément
apparaître sur les parties mortes des plantes qui se
couvrent de noir, sont des conidies se rapportant aux
genres Cladosporium, Alternaria et Macrosporium.
On réunit sous le nom de Cladosporium, des champignons
à mycélium et à conidiophores brunâtres qui varient
beaucoup dans leurs caractères. Ils forment fréquemment
des touffes de filaments plus ou moins ramifiés,
qui produisent à leur extrémité des spores ou des chapelets
de spores d’abord unicellulaires, puis uniseptées,
et parfois bi-ou même pluriseptées. Cultivées dans un
milieu liquide, ils prennent une forme rampante et produisent
en quantité des spores qui se multiplient en
levûres et se rapportent alors à ce que l ’on a nommé
le Dematium pullulans (i).
Il y a des Cladosporium qui sont la forme conidienne
d’un Sphaerella comme le Noir des céréales.
Peut-être les Cladosporium, que l ’on trouve si souvent
mélangées aux A Iternaria, n’en diffèrent-ils pas essentiellement.
M. Costantin, en cultivant VAlternaria tennis
dans des milieux nutritifs stérilisés, a obtenu des formes
qui établissaient une transition insensible entre les A lternaria
et les Cladosporium.
Les Alternaria sont caractérisés par leurs conidies en
(1) E. Laurent, R e ch e rc h e s s u r le p o lym o r p h ism e d u Cladosporium her-
barum. A n n a le s d e l ’In s t itu t P a s t e u r ; nov. et décembre 1888.
(2) J . Costantin, Si i f les v a r ia t io n s d e s A X te rau n a et ¿es Cladosporium.
Re vue g é n é r a le d e B o ta n iq u e , I, 1889, p. 464.
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