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M A L A D I E S DE S P L A N T E S A G R I C O L E S .
La portion de la branche située au-dessus de la région
attaquée continue quelque temps à végéter, mais les
feuilles qu’elle porte ne tardent guère à brunir et elle-
même se dessèche et meurt. La limite de la partie
nécrosée est marquée par la présence de bourrelets ligneux
caractéristiques, qui sont dus à la mortification
progressive des couches superficielles dans la partie
malade, et sont comparables aux bourrelets cicatriciels
qui se forment à la suite d’une incision annulaire.
Cette maladie a été observée en France dans les
Vosges, particulièrement dans laforêt de Gérardiner où
elle s’est montrée très développée en 1887 et 1888 (i).
Le caractère propre de la maladie est la nécrose de
l ’écorce qui se produit sur une étendue asséz restreinte
des rameaux, à une distance plus ou moins grande de
leur extrémité, souvent sur la quatrième ou la cinquième
pousse à partir de cette extrémité, parfois même
sur la neuvième ou sur la dixième. On peut voir aussi
le tronc des jeunes Sapins atteint de la même façon'"sur
sa portion âgée de cinq à sept ans (fig. 3 6 i).
Dans la partie où l’écorce est nécrosée, ses tissus,
ses couches superficielles surtout, sont envahis par un
mycélium à filaments noirs, ramifiés, épais, qui pénètre
jusque dans le bois; et non seulement l ’écorce, mais le
liber et le cambium meurent. Avant même que l ’écorce
ne se dessèche, le cambium ne peut plus produire une
couche nouvelle de bois dans la partie malade; au
delà, son activité formatrice est excitée comme d’ordinaire
au bord des blessures et lésions de toutes sortes
et il produit un bourrelet cicatriciel, qui empêche la pénétration
du mycélium dans la partie saine.
(i) Em. Mer, Sur la maladie des branches du Sapin Journal de Botani-
que, octobre 1893.
Les feuilles sur la région envahie par le parasite
tombent ; plus loin elles deviennent d’abord d’un brun
roux, puis meurent
avec la partie de la
pousse qui les porte
et qui se trouve séparée
du corps vivant de
l’arbre par la petite
région nécrosée.
D’après les observations
de M. Mer, il
semble probable que
l’infection se produit
vers les mois d’août
et de septembre. Le
mycélium se répand
dans l’écorce, puis
dans le cambium, et
la région d’attaque
est desséchée avant le
printemps; mais, à
l’extérieur, rien ne
décèle encore la présence
du parasite et
le feuillage conserve
sa teinte habituelle.
Les bourrelets apparaissent
seulement à
F i g . 3 6 i . — B r a n c h e d e S a p i n a t t a q u é e p a r
l’époque normale de
LE Fusicoccum abietinum.
la formation de la
couche annuelle sur les parties saines. Dans les mois
de mai et de juin, la branche atteinte produit des pousses
qui sont courtes et faibles. A la fin de l’été, les
feuilles jaunissent et les bourrelets apparaissent. Ce
"Y