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seur doit avoir une couche de terre, pour qu’elle filtre
complètement de l’eau portant en suspension des conidies
ou des zoospores de Phyiophthora infestans.
Il examinait d’abord quelques gouttes de l’eau à employer
pour l’expérience et dans laquelle il avait trempé
des fanes couvertes de taches, et comptait combien il y
trouvait de conidies ou de zoospores dans l’étendue du
champ du microscope. Puis il versait l’eau sur de la terre
tassée dans des tubes sur une épaisseur déterminée, et
quand, après avoir traversé la couchede terre, elle s’écoulait
du bout des tubes, il y comptait de même le nombre
de conidies ou de zoospores qui y étaient encore contenues.
Opérant ainsi, il a trouvé pour une terre de consistance
moyenne que de l’eau contenant, quand on la versait,
100,000 conidies, n’en contenait plus, après avoir
traversé une couche de terre de
-2 centimètres d’épaisseur,
4 — —
8 — —
que 6,289
— 598
— 18
10 —
Un sol léger arrête mieux encore les conidies, une
couche de moindre épaisseur y serait donc suffisante pour
préserver les tubercules contre l’infection.
M. Jensen a cherché à tirer de ces expériences un
moyen de protéger les Pommes de terre des atteintes du
Phytophthora, et il a proposé de les recouvrir, à l ’aide
d’un buttage spécial qu’il nomme buttage de protection,
d’une couche de terre assez épaisse pour que tous, ou du
moins presque tous les corps reproducteurs du parasite
que l’eau peut entraîner, soient arrêtés dans le sol sans
atteindre la surface des tubercules. Cette couche serait
de 12 a 14 centimètres au moment du buttage et se réduirait
de I o à 1 2 par le tassement.
Il est clair que, pour être efficace, le buttage de pro
tection doit être fait avant que des millions de conidies
n'apparaissent sur les feuilles et ne se disséminent à la
surface du sol, mais il est à craindre d’autre part que ce
buttage de protection ne gêne la végétation normale de
la Pomme de terre. Dans les expériences faites dans les
champs, 011 a maintes fois constaté que bien que la pio-
portlondes tubercules malades fût notablement moindre
dans les pièces soumises au buttage préventif, le rendement
total était néanmoins diminué. M. Jensen pense
cependant, qu’en évitant de faire le buttage de protection
au moment de la floraison de la Pomme de terre, on peut
obtenir des résultats pleinement satisfaisants et il propose
d’effectuer toujours l’opération aussitôt que possible , et
avant l’époque de la floraison.
Ce n’est pas toujours dans l’intérieur de la terre qu a
lieu l’infection des tubercules; maintes fois^ il arrive
que des Pommes de terre que l’on a retirées saines du sol
se couvrent plus tard de taches brunes et pourrissent en
magasin ou en silo. Elles peuvent aisément être infectées
au moment de l’arrachage par les temps humides
quand il y a encore, au moment de la récolte, des fanes
vivantes et couvertes de fructifications de Phytofithora.
Des conidies peuvent dans ces conditions être répandues
en grand nombre cà la surface des tubercules mis à nu et
une ou deux semaines après, l’effet se manifestera, surtout
si la température est un peu chaude. On reconnaîtra
que les conidies ont germé sur les tubercules amoncelés
en tas, et qu’une proportion parfois notable de la
récolte se gâte en présentant les caractères bien connus
de la maladie. Il n’est pas imre que l’on ait occasion de
voir dans les cultures les tubercules arrachés prématuié-
ment, à un moment où les fanes étaient couvertes de
fructifications de Phytophthora, pourrir en grande quan