
s; :
C H A M P I G N O N S P A R A S I T E S. 8i I l 'I'- F K I », lu i* ' '
feuilles encore saines. Les parties brunes se fanent et
se dessèchent en se crispant; tout le feuillage des pieds
malades paraît grille.
Sur la face inférieure des feuilles, on voit autour des
taches brunes, surtout par un temps humide, une sorte
d’auréole blanchâtre. Le petit duvet blanc qui la forme
est produit par les conidiophores du Phytophthora dont
le mycélium, en se développant à l’intérieur du tissu de
la feuille, a frappé de mort les cellules et produit les
taches qui manifestent au dehors la profonde altération
des parties envahies.
Le mycélium du Phytophthora infestans qui prend
un grand développement dans les feuilles de la Pomme
de terre, se glisse entre les cellules contre lesquelles sc
serre fortement sa membrane ténue, mais il n’y plonge
pas de suçoirs comme le Phytophthora omnivora. Dans
le parenchyme compacte des pétioles et des tiges on
voit quelquefois cependant, des rameaux courts du mycélium
déprimer les parois des cellules. Selon les observations
de de Bary (i), parfois ces rameaux perforent les
membranes des cellules, mais cette disposition est tout
à fait exceptionnelle; le mycélium du Phytophthora infestans
est presque toujours entièrement dépourvu de
suçoirs.
Il diffère en outre de celui du Phytophthora omnivora
en ce qu’il n’est jamais divisé par des cloisons
(fig. 38 A). Il est formé d’hyphes ramifiées qui s’étendent
dans les parties vivantes en rayonnant à partir des
points les premiers attaqués et où les cellules sont déjà
mortes.
Peu après qu’ils ont été envahis, les tissus de la feuille
s’amollissent, les cellules y perdent leur turgescence,
(i) .Ann. des Sc. nat. B o t., série IV , t. X X , p. 35.
se contractent, leur couleur verte s’altère, leur contenu
se désorganise et brunit. Dans le tissu mort, on ne trouve
plus le mycélium du parasite vivant. Il croît et se développe
seulement
au milieu des cellules
vivantes, sc
nourrit à leurs
dépens, c au se
leur altération et
leur mort, mais
ne continue plus
|d’y vivre quand
’ elles sont tuées.
¡1 n’est jamais
saprophyte. Ce
n’est donc pas sur
les taches noires,
mais autour d’elles
que le champignon
prospère
et fructifie ; c’est
là qu’il émet des
con id iop h ore s
qui sortent au
dehors, le plus
souvent en traversant
les stomates.
C'est pour
cela que les conidiophores
I-’ IG. 3 8 . — Phytophthora infestans.
A. Mycélium. — B. Conidiophores sortant par un stomate.
se montrent sur la face inférieure de la
feuille. Ils peuvent cependant parfois se glisser comme
ceux du Phytophthora omnivora entre les cellules épi-
dermiques disjointes et se montrer sur des parties dépourvues
de stomates.
MA LADIES D E S P L A N T E S . ^
f à,'*
. y
f
' I >
- iill