
tuation dans laquelle elle est placée, etc. Mais il ne faut
jamais conclure de la mort des filaments qui couvrent la
surface du bois à la destruction totale du champignon.
Il est bien difficile de déterminer la durée possible de la
vie des filaments du mycélium à l ’intérieur de bois laissés
à l’air libre.
Les réceptacles du Merulius lacrymans, se produisent
sur les peaux feutrées qui couvrent la surface des bois et
des murs humides. Ce sont le plus souvent de grandes
plaques de forme assez irrégulière qui, d’abord blanches
comme de la craie, prennent ensuite au milieu une couleur
brune et se couvrant de plis sinueux qui, un peu
plus tard, se réunissent de façon à former un réseau à
mailles assez inégales de i à a millimètres de diamètre.
Ils sont revêtus d’un hyménium à basides allongées cla-
viformes, portant des spores elliptiques ou ovoïdes, un
peu bombées d’un côté, de i o à 11 ¡x de long s ur 5 à 6 ¡x de
large, à parois lisses, d’un jaune orangé foncé. Ces spores
qui naissent en quantité prodigieuse sur chaque réceptacle,
sont d’une trop grande ténuité pour qu’on les
puisse distinguer à l’oeil nu, mais réunies en grand
nombre, elles forment une poussière brune qui se dépose
sur tous les objets du voisinage et même souvent à
grande distance. Sur les vieux bois provenant de démolitions,
on peut souvent reconnaître à l’aide du microscope,
ces spores très nettement caractéristiques du Merulius
lacrymans.
Les spores paraissent conserver fort longtemps leur
faculté germinative. M. R. Hartig en a vu germer au
bout de sept ans. La première condition pour qu’elles
se développent est que les bois sur lesquels elles sont
déposées soient humides. Les bois récemment abattus,
en sève et non encore bien secs, sont particulièrement
exposés à être infectés. Quand ils sont placés dans un
endroit humide et confiné, les spores y germent souvent
en grand nombre, comme Poleck l’adirectement observe.
D’après les observations deM. R. Hartig, les mat.eres
azotées qui dégagent de l’ammoniaque et le carbonate de
potasse favorisent singulièrement leur germination. Les
cendres et les escarbilles de coke devraient donc être
absolument proscrites comme matières pouvant servii a
remplir rintervalle des solives, car elles contiennent de
¡a potasse. Il faut aussi éviter que de l’unne soit répandue
surles bois; le voisinage même de latrines dégageant de
l’ammoniaque doit être considéré comme une cause favorisant
la germination des spores du Merulius.
La manipulation des bois pourris qui peuvent etre
chargés de spores est toujours fort dangereuse et devrait
être soigneusement évitée; les bois attaqués e\iaient
être brûlés sur place; en les transportant au loin, on
risque de disséminer le mal. Même les bois sains provenant
de démolitions peuvent, s’il y avait dans la maison
démolie, du Merulius ayant fructifié, porter avec eux
l’infection et placés dans un chantier auprès de bois
neufs et sains, l e u r communiquer des germes invisibles
de pourriture. ,
Dans toutes les villes où on a reconnu la presence du
Merulius dans une construction, quelques soins que
l’on prenne pour éviter le transport de ses spores sui
les pièces de bois que l’on veut employer, on ne peut
pas affirmer qu’il n’y en aura pas quelqu’une qui, emportée
par le vent, ne se sera pas déposée a leur suitace.
Là. il est impossible de les distinguer. On doit donc
considérer qu’il est absolument dangereux de placei les
bois, les bois résineux surtout, dans un milieu confine
et humide qui favorise la germination des spores et
l’active végétation du Merulius lacrymans.
Le mycélium joue un rôle très important dans la pro