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Puccinia Rubigo-vera causent souvent une diminution
considérable de la récolte quand la température a particulièrement
favorisé le développement delà forme Uredo,
dont les spores ont pu se resemer et produire incessamment
de nouveaux foyers d’infection.
La rapidité avec laquelle se développent les nouvelles
touffes A Uredo provenant de la germination d’une spore
est telle qu’il peut se produire trois générations successives
dans l’espace d’un mois. Le développement de
grandes quantités de taches de Rouille vers la fin de la
végétation, au moment de la formation des grains de
Blé, est très épuisante pour la plante. C ’est alors que la
Rouille prend la forme de Rouille noire en produisant des
téleutospores.
Jusqu’ici on n’a pas trouvé de traitement contre la
Rouille qui puisse être utilement employé dans la pratique.
Pour des plantes en pot des traitements préventifs
faits avec soin et suffisamment répétés paraissent pouvoir
bien les préserver de la Rouille. MM. ’Vilmorin et
Douillet en ont fait l’expérience. Des pieds de Blé Chid-
dam blanc de mars traités par aspersion d’une solution
de sulfate de cuivre et transportés ensuite à proximité de
Blés attaqués par la Rouille n’ont pas été atteints, tandis
que dans les mêmes conditions des pieds non traités ont
été envahis par la maladie (i).
Si un traitement cuprique des Blés en herbe est déjà
difficile, il le serait plus encore s’il s’agissait de traiter le
Blé déjà monté et épié, c’est-à-dire au moment où les
attaques de la Rouille sont particulièrement redoutables.
Des essais de traitement en grand ont été faits en, Australie
et ont montré l’action préservatrice des sels de
(1) Henri de Vilmorin et Francis Douillet, É tu d e sur la R ouille du F ro .
tncnii, Paris i 8g3.
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cuivre contre la maladie, mais les difficultés pratiques
qu’il y a à vaincre pour pulvériser un champ de Blé
sont telles que l’on ne peut guère espérer trouver dans
des pulvérisations répétées un remède contre les dommages
que cause la Rouille des céréales.
Pour se mettre relativement à l’abri de la Rouille, le
cultivateur devra choisir de préférence les races de Blé
sur lesquelles le parasite cause moins de dommages dans
le climat où on les cultive. Ce sont les variétés tardives
qui ont généralement le plus à souffrir de la Rouille,
parce qu’à partir du mois de juillet les spores d’Uredo
sont presque partout produites en très grande quantité.
On peut dire que dans le centre de la France tout Blé qui
est encore vert après le i 5 juillet sera envahi gravement
par la Rouille.
On devra donc préférer à ce point de vue les Blés à
maturité précoce, mais en outre on a reconnu qu’il y a
des variétés sur lesquelles la Rouille a peine à se développer.
C’est ainsi que les Blés poulards sont à peu près
complètement exempts de la Rouille commune. On y
trouve seulement, assez fréquemment, VUredo Rubigo-
vera, mais celle-ci ne se manifeste que par des taches peu
nombreuses et éparses et ne présente pas à beaucoup
près la même gravité que la Rouille commune (i).
Depuis qu’il a été démontré que la Rouille est transmise
aux céréales soit par des mauvaises herbes de la
famille des Borraginées, soit par des broussailles d’Épine-
Vinette, il n’y a pas à douter que le cultivateur ait intérêt
à détruire avec soin toutes les Borraginées qui poussent
dans ses champs, à arracher les pieds d’Épine-Vinette qui
sont au voisinage de ses cultures. On se mettra ainsi à
l ’abri, si l’opération est faite d’une façon complète, de
(i) H. de Vi lmorin et Fr. Douillet, op. c it., p. 1 1 .
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