
F ig . 4 4 1 . — F il a m e n t d e m y c é l
iu m DE Sc lerotinia L ib e rtian a
s ’a l l o n g e a n t s u r UN E LAME
DE V E R R E E T Y PRO D U ISA N T DES
C R AM PO N S .
( D’après do B a ry .)
r
406 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
ressemble à de la ouate. Mais quand un des filaments du
mycélium vient à buter contre un corps qui lui offre
de la résistance, comme une lame de verre par exemple,
il produit près de cette extrémité
qui rencontre un
obstacle à son allongement,
un pinceau de petites
ramifications qui se
subdivisent elles-mêmeset
dans lesquelles de nombreuses
cloisons transversales
se produisent. Leur
e n s em b le présente la
forme d’un cône appliqué
par sa base sur l’obstacle.
C ’ est une sorte de crampon
qui joue, comme l’a
observé de B a ry un rôle
important dans la pénétration
du mycélium à
l’intérieur de la plante
nourricière (fig. 4 41).
Le mycélium peut vivre
et même se développer
fort activement à la surface
d’un liquide nutritif
tel qu’une décoction de
prunes, par exemple; il y
forme une épaisse peau
feutrée composée de filaments
entrelacés qui couvre toute la surface du liquide.
11 y produit même des sclérotes aussi bien qu’à la surface
d’une Carotte ou de la jeune tige d’un Haricot, ou
dans la moelle d’une tige qu’il a tuée.
C H AMP IG NO N S P A R A S I T E S . 407
A l ’endroit où un sclérote va se former, les hyphes
du mycélium produisent de courts rameaux qui se contournent,
s’entrecroisent et se pelotonnent en se serrant
étroitement, de manière à constituer un corps dense dont
le tissu est composé par les filaments divisés en cellules
par de nombreuses cloisons transversales. Les parties
extérieures de ces
corps prennent un
aspect différent du
reste (fig. 442) ; elles
se colorent en noir,
se cutinisent et forment
une sorte d’écorce,
comme on le
voit d’ordinaire chez
les sclérotes.
Au moment où ils
se forment, les jeunes
sclérotes exsudent de
nombreuses gouttes
d’un liquide très acide
qui perlent à leur surface.
F ig . 4 4 2 . — C o u p e d’ un s c l é r o t e d e S c lerotinia
L ib e rtian a .
Ils atteignent une
taille plus ou moins grande et leur forme varie suivant
le milieu et la place où ils se produisent. A la
surface des tubercules, ils s’étendent librement et sont
alors aplatis en forme de coussins a rrondis, un peu
bombés en dessus, plats ou concaves en dessous;
mais quand ils se développent dans une cavité étroitement
limitée comme est la moelle d’une tige de
Haricot qu’entoure le cylindre ligneux, ils restent plus
petits, étroits et s’allongent en prenant une forme cylindrique.
Qu’ils soient larges, aplatis et de la taille d’un