
et dur souvent irrégulièrement contourné (fig. 325).
Dans les points de Tépi que le mal a envahis, on ne
peut presque plus rien distinguer, au dehors, de ses parties
constituantes; les épillets et le rachis sont recouverts
d’un épais enduit noir à l’extérieur, qui englobe les glumes,
les glumelles et les
axes, les soude et les fait
complètement disparaître ;
tout se confond en une
masse allongée, noire et
dure. Si l’on en fait une
coupe transversale ( fig.
F ig . 325. — 3 É r is d e B l é H ic k l
in g ATTAQUÉS PAR L E DHopIlO-
spora graminh.
F ig . 3 2 6 . — C o u p e t r a n s v e r s a l e
UN PEU GROSSIE d ’UN ÉPI DE B lÉ
d o n t on v o i t l e r a c h i s e t d e s
d é b r i s d e b a l e s e n g l o b é s dan s
I.A MASSE DU STROMA DU DUo p IlOspora
graminis.
326), on voit que l’extérieur seul en est noir, et qu’au-
dessous de cette croûte ainsi colorée se trouve une substance
blanche, dans laquelle sont noyés tous les éléments
de l’épi. Ils sont plus ou moins altérés; souvent le rachis
est demeuré assez vivant, au milieu du corps étranger
dans lequel il a disparu, pour pouvoir nourrir encore
quelques épillets restés intacts à l ’extrémité de l’épi. Ordinairement,
en effet, tout Tépi n’est pas envahi par la
maladie et l’on trouve soit à son sommet, soit surtout à
sa base, quelques épillets normalement constitués.
Les épis déformés ont été attaqués de bonne heure, à
l’époque où ils sont encore enfermés dans le tuyau formé
parles feuilles. Souvent l’enduit qui les recouvre les attache
alors à la gaine d’une des feuilles qui les enveloppe,
de sorte que quand la paille s’allonge, elle ne peutem-
porter librement Tépi qui la termine ; celui-ci restant
adhérent au tuyau soit par son extrémité, soit même par
sa partie moyenne, se renverse sous la traction causée
par Télongation de son support. Sa base est emportée,
mais il reste collé à la feuille par Tautre bout; la tige
arrêtée dans sa croissance se courbe et se plie; assez souvent,
la feuille à laquelle adhère Tépi malade cède à la
traction et se déchire. La courbure delà paille et le renversement
de Tépi qui ne peut se dégager du tuyau des
ieuilles, sont ainsi des conséquences très fréquentes de la
maladie des épis.
Etudié au microscope, le corps noir en dehors et
blanc en dedans qui envahit les épis, se montre formé
d’un lacis serré de filaments de mycélium entrecroisés
dans toutes les directions ; c'est un stroma dont la consistance
et la structure est à peu près celle d’un sclérote.
Sa surface noire et mate est comm,e chagrinée par de
nombreuses granulations saillantes, qui sont des conceptacles
globuleux, à demi engagés dans la masse du stroma
et qui sont recouverts par la croûte (fig. 327) (i).Ce sont
des pycnides percées à leur sommet d’un petit trou rond,
par où sortent les spores fort nombreuses et d’une
extrême ténuité dont elles sont remplies.
(i) F u c k e l , Symbolae mycologicae. — i ' ’»' s u p p l . , p . 12, 1871.