
qu’il peut très bien, quand on l’introduit par une petite
blessure dansTintérieurd’une Pomme de terre bien saine,
en causer rapidement la complète désorganisation (i).
Deux jours après l’inoculation on voit s’échapper par
la petite blessure une mousse blanche formée en grande
partie de grains d’amidon et d’articles de VAmylobacter
à divers degrés de développement. Cette mousse augmente
les jours suivants et se dessèche en formant une
masse poreuse qui ferme la petite plaie. En même
temps le parenchyme se ramollit, sc liquéfie parla dissolution
progressive de toutes les cloisons cellulaires à
partir du point d’inoculation. Finalement le tubercule
se trouve réduit à un mince sac de liège rempli d’une
bouillie liquide acide qui exhale une forte odeur d’acide
butyrique et qui contient des grains de fécule, des granules
albuminoïdes et des spores dCAmylobacter.
Toutefois d’après les observations de M. Kramer, la
pourriture ou gangrène humide de la Pomme de terre
qui se produit souvent dans les cultures, même quand
les tubercules n’ont pas été atteints par le Phytophthora
qui cause la maladie ordinaire de la Pomme de terre ,
serait due plus particulièrement à un Bacille différent
du Bacillus Amylobacter. M. Kramer (2), l’a trouvé dans
les tubercules atteints de pourriture humide, l’a cultivé
dans des liquides nutritifs convenables, tels qu’un extrait
aqueux de bouillie de pomme de terre avec adjonction
de I à 2 ^ de dextrose, et à l’aide de cultures pures
a infecté des tubercules sains. Il a vu se produire des
phénomènes fort semblables à ceux que M. Van T ie ghem
a obtenus par l’inoculation de VAmylobacter. Le
{\)Yi\nT\n^\\ç,'CCi.Bulletin de la So ciété Botanique de F ran c e . 1884. P .283.
(2) Kramer, B a k te r io lo g is ch e Untersuchungen über d ie Nassfaülc der
Ka rtoffeln {Qlsterreisch. Landnnrthschaftl. Centralblatt., /, 189 1).
Bacille détruit d’abord les matières analogues au sucre
et la matière intercellulaire puis finalement aussi les
membranes des cellules, mais sans attaquer la fécule,
en produisant de l’acide carbonique et de l’acide butyrique
Le pulpe du tubercule altéré présente alors une
réaction acide, mais plus tard les matières azotées sont
attaquées à leur tour, et sous l’influence du même
Bacille subissent une décomposition putride avec ior-
mation d’ammoniaque et d’autres produits qui neutralisent
l’acide butyrique et la réaction devient alcaline.
Morve blanche des oignons de Jacinthe.
Les oignons de Jacinthe peuvent comme les tubercules
de Pomme de terre être attatpés par une pourriture qui
les réduit et une sorte de bouillie exhalant une odeur
marquée d’acide butyrique. On y trouve le B a c illu s
Amylobacter et divers autres organismes. Beaucoup de
racines, de tubercules, d’oignons c’est-à-dire d’organes
charnus à l’état de vie latente peuvent subir sous l’influence
de Y Amylobacter ou d'autres espèces de Bacilles
des altérations analogues, mais ces êtres ne peuvent,
comme le montre M. Van Tieghem, envahir les organes
contenant de la chlorophylle et en pleine végétation.
Tous ses essais d’inoculation du Bacillus amylobacler
sur des plantes vivantes soit aériennes et charnues, soit
aquatiques et submergées, sont demeurées sans effet.
Cependant des parties de plante en pleine croissance
et en état de végétation active peuvent être attaquées
aussi par des Bactéries, mais ce sont des parasites fort
différents du Ba c illu s Amylobacter et qui produisent
dans l’organisme vivant d’autres effets.
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