
Cette propriété de la tigelle favorise l’implantation
de la plantule sur les rameaux où germent les graines;
elle s’allonge vers le centre de la branche où est collée
la graine, quelle que soit sa position par rapport à
la terre.
L ’extrémité radiculaire de la tigelle est dépourvue de
pilorhize comme l’extrémité radiculaire de l’Orobanche ;
elle présente un petit renflement en forme de bourrelet
produit par les cellules épidermiques très allongées. C ’est
par là que la plantule se fixe et qu’elle adhère à la surface
de la branche où elle va s’implanter.
Puis la portion centrale de l ’axe
s’organise en un petit corps conique qui
traverse l ’épiderme ou le périderme et
pénètre dans l’écorce delà branche nourricière.
Durant la première année le petit
cône pénètre jusque dans le bois du
rameau, puis cesse de s’allonger.
F i g . 4 7 8 . — G r a in e
D E GUI g e r m a n t .
(D ’a p r è s H . S c h a c h t.)
Pendant ce temps, l’autre extrémité de la tigelle portant
les cotylédons demeure enfermée dans la graine,
dont l’albumen fournit les éléments nécessaires à la
croissance de la plantule (fig. 478).
Semée généralement en hiver, la graine germe en
mai. Une fois implantée dans la branche, la germination
reste toute l’année dans le même état; quand l’automne
arrive, elle recommence à végéter, mais ne fait pas ordinairement
grand progrès dans le cours de la seconde
année et ce n’est qu’ au printemps de la troisième année
que la plumule se relève; les cotylédons ne grandissent
pas et restent rudimentaires, mais les deux premières
feuilles caulinaires se développent (i).
( i) Je a n C h a ló n , Un mot sur la germination du Gui. T i r a g e à p a rt sans
d a te n i in d ic a t io n de p ro v e n a n c e .
La tige du Gui pousse indifféremment vers le haut ou
vers le bas selon la place où la germination s’est implantée
sur la branche; si elle est fixée sur la face inférieure
d’un rameau, c’est vers la terre qu’elle se dirige.
Du reste ses feuilles vertes ont les deux faces organisées
delà même façon ; il n’y a pas de différence entre leur côte
supérieur et leur côté inférieur.
on enlève l’écorce d’une branche d’arbre, d’un Sapin
par exemple (fig. 479) où un pied de Gui s’est implanté,
on voit à la surface du
bois mis à nu des sortes
de veines vertes qui partent
du bas de la pousse
du Gui et courent dans
le liber et la couche
cambiale autour du cylindre
ligneux, en se dirigeant
principalement
dans une direction parallèle
à l’axe de la branche
nourricière. Celles
F i g . 4 7 9 .
J e u n e p l a n t cle a u i se d é T c lo p p a n t s u r u n e h r a n c h o
(le S a p in ; sc s r a c in e s so u s - c o r tic a le s o n t é té m is e s
à n u . (D 'a p r è s H . S c h a c h t.)
qui, à leur origine, s’allongent perpendiculairement à la
longueur du rameau se recourbent bientôt pour prendre
la même direction que les autres ou bien elles se divisent
en deux branches qui poussent en sens opposé,
puis courent sans se ramifier parallèlement à la surtace
du bois.
Ces sortes de racines sous-corticales du Gui paraissent
analogues aux racines porte-suçoirs qui naissent du bas
de la tige de l’Orobanche et vont dans la terre enfoncer
des suçoirs dans les racines voisines; mais, dans le Gui,
elles ne s’étendent pas hors de la plante nourricière,
elles s’allongent sous l’écorce au milieu des tissus du
liber et du cambium.