
'IS'ri
'3 ï
' i;
j i ï
la cause de très graves dommages, à l’occasion desquels
ont été faites les études très consciencieuses qui ont fait
connaître en détail le genre de vie de ce dangereux cham-
xugnon.OnrasignaléenRussie, jusqu’en Sibérie etaussi
sur bien des points de l’Amérique du Nord. En Fiance,
il est certainement fort commun en bien des points où
il n’a pas été encore reconnu. Ce sont les dégâts qu’il a
jiroduits qui le signalent cà et là à l’attention,^ bien que
souvent on attribue la pourriture des bois qu’il produit
àde tout autres causes qu’à l’invasion d un Champignon.
S’il est fort commun sur les bois de construction dans
les villes, il paraît fort rare dans les forêts sur les affires.
Longtemps on a pensé qu’il n’attaquait jamais les
arbres sur pied, mais M. Ludwig l’a trouvé en 1884, en
Allemagne, dans un massif de résineux, sur des arbres
encore vivants et qui venaient d’être abattus. Il peut donc
être parasite ; mais il ne semble pas que dans les bois il
trouve comme dans les villes les conditions qui favorisent
sa multiplication et son prodigieux développement.
C’est surtout les bois résineux qu’il attaque ; il corrode
de préférence les charpentes et les planches de Sapin et
de Pitch-pin; mais il peut aussi produire la pourriture
de toutes sortes de bois et en particulier du Chêne. Toutefois.
c’est presque toujours une pièce de bois résineux
qu’il attaque d’abord et où il forme le premier foyer dfoù
l ’infection va se répandre. De la solive de Sapin qu il a
envahie d’abord, il gagne rapidement, non pas seulement
les solives voisines, mais des feuilles de païquet
et des lambris de Chêne.
Le bois attaqué par le Merulius lacrymans prend une
couleur d’un brun jaunâtre. Cette coloration en brun
précède une perte de substance et une diminution de
volume des éléments du bois qui se manifeste par la formation
de fentes nombreuses et profondes, qui se croiiiLi
sent à angle droit. Le bois envahi par le mycélium du
Merulius se crevasse à peu près comme celui qui est
attaqué par le Polyporus vaporarius mais les fentes
ne sont pas remplies par des lames de mycélium feutré.
Le bois ainsi altéré absorbe l’eau du dehors plus vite
et en plus grande quantité que le bois sain. Quand il est
imprégné d’eau, ce qui a lieu quand il est placé dans le
milieu humide, nécessaire à l’active végétation An Merulius,
les fentes y sont peu visibles ; il a alors à peu près la
consistance d’un beurre très ferme, on peut le couper très
aisément avec un rasoir pour l’observer au microscope.
Desséché, il perd beaucoup de son volume les fentes qui
le traversent s’ouvrent; il est friable et se réduit en poussière
quand on le presse entre les doigts. A la surface
des pièces de bois ainsi altérées, on voit fort souvent,
quand elles ont été placées dans un milieu où l’air est
confiné et humide, un revêtement blanc, délicat, ayant la
consistance d’une fine toile d’araignée et qui, par places,
se continue en cordons d’un blanc légèrement grisâtre
qui s’étendent au loin et vont s’épanouir en lames feutrées,
en toiles déliées et molles, sur les murs humides
aussi bien que sur les pièces de bois elles-mêmes
(fig. 166).
Ces toiles, ces cordons, ces peaux, sont formées par les
filaments entrecroisés et feutrés An Merulius lacrymans.
Dans une atmosphère humide, ils se couvrent de goutelettes
que l’on a comparées à des larmes : d’où le nom
de pleureur (/aczprfnzans), que l’on a donné au Champignon
des charpentes.
Les filaments déliés qui recouvrent les bois sains,
pénètrent dans leur intérieur, s’y ramifient en envoyant
dans toutesles directions, de fines branches qui percent
les parois des fibres et sécrètent le liquide chargé de ferment
qui en dissout la substance même.