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Iules sont des téleutospores. Dans un milieu suffisamment
humide et chaud, les cellules de la file qui servent
de support à celles qui sont fertiles, s’allongent d’abord,
l’épiderme se déchire et on voit apparaître les téleutospores
d’un jaune orangé qui émettent chacune un pro-
m) célium. Pour celle qui termine la rangée, il sort par
son sommet, pour les suivantes d’un point rapproché de
la cloison qui la sépare de la spore située au-dessus.
Chacun de ces promycéliums se divise par trois ou
quatie cloisons transversales en articles qui portent chacun
le plus souvent, une sporidie arrondie ou réniforme
à l’extrémité d’un stérigmate.
Cette oi’ganisation spéciale des téleutospores caractérise
le genre Chrysomyxa.
L ’espèce découverte par de Bary sur les Rhododendrons
a reçu de lui le nom de Chrysomyxa Rhododendri.
La supposition que les sporidies de ce Chrysomyxa
peuvent infecter les Épicéas et faire naître sur leurs
feuilles le Peridermium abietinum a été expérimentalement
vérifiée par de Bary qui a vu les tubes de germination
des sporidies du Chrysomyxa pénétrer dans les
cellules de l’épiderme des feuilles sur des pousses très
jeunes d Épicéa. Quelques jours après, des places jaunes
se montraient au voisinage des points où la pénétration
avait eu lieu; au bout de dix jours, on y voyait des
spermogonies et au bout d’un mois des conceptacles oeci-
diens de Peridermium.
L infection inverse des Rhododendrons par les spores
du Peridermium réussit de même.
La forme Uredo du Chrysomyxa Rhododendri est
1 Uredo Rhododendri de De Candolle, quise montre souvent
dès le mois de juin à la face inférieure des feuilles
de Rhododendron. VU red o du Chrysomyxa, comme
celui du Coleosporium présente des files serrées de
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spores formées successivement et constituant d’abord
une masse compacte qui s’égrène ensuite en spores isolées
à travers l’épiderme déchiré. Chacune des files de
spores est produites par le cloisonnement répété de l’extrémité
d’un rameau dressé du mycélium.
Dans les régions élevées, à une altitude de 1,000 à
1,200 mètres où l’on trouve l’Épicéa couvert de P erid ermium,
on rencontre rarement la forme Uredo et très
fréquemment au contraire la forme Chrysomyxa; tandis
que dans les vallées et sur les sommets dépassant la zone
de l’ Épicéa, c’est la forme Uredo qui est commune.
C h r y s o m y x a A b ie t i s (Wallr.) Unger.
(Rouille des aiguilles de l’Épicéa.)
S yn. : B ïe n n o r ia A b i e t i s Wa l l r .
Les Chrysomyxa n’ont pas tous la propriété de revêtir
des formes diverses et de passer d’une plante nourricière
à une autre. A côté d’espèces hétéroïques à cycle
complet, comme le Chrysomyxa (Euchrysomyxa) Rhododendri,
il y a des espèces pour lesquelles on ne connaît
absolument que la forme à téleutospores. Tel est le
Chrysomyxa [Leptochrysomyxa) Abietis qui cause la
Rouille très commune des aiguilles d’Épicéa.
C ’est dans le cours de l’été, ordinairement de la mi-
juin au milieu de juillet, suivant les localités, que les
feuilles attaquées par cette Rouille commencent à montrer
des symptômes d’altération. On voit se dessiner sur les
aiguilles atteintes, des zones annulaires plus pâles qui
bientôt prennent une couleur jaune de plus en plus
marquée et qui tranche avec la couleur verte de la partie
voisine (fig. 1 1 1 A).