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les taches âgées, les pustules sont si nombreuses qu’elles
se confondent; la surface des taches est alors presque
entièrement couverte d’amas de spores qui, au contact
d’une goutte d’eau, se détachentet s’y éparpillent aussitôt.
Les spores du Colletotrichum germent facilement dans
l’eau en émettant un tube de germination; si la germination
a lieu â la surface d’une feuille ou d’un fruit de
Haricot, ce tube reste très court, s’élargit par son extrémité
pour s’appliquer sur la surface de l’épiderme et
envoie à travers la cuticule un lin prolongement qui
perce la cellule épidermique et s'allonge en filament de
mycélium dans les tissus voisins.
Des infectionsdeHaricotssainsparlesconidies du Colletotrichum
ont été opérées avec succès par M. Frank (i).
Là où il avait déposé une goutte d’eau portant en sus-
pensionles spores, on voyait, au bout de aqheures déjà,
l’épiderme brunir; les jours suivants, la tache brune se
prononçait déplus en plus, en pénétrant dans le tissu du
fruit, et bientôt elle se couvrait des fructifications du
Colletotrichum.
L ’Anthracnose du Haricot est répandue non seulement
dans toute la France, mais en Italie, en Allemagne et en
Angleterre, et elle a été constatée aussi en Amérique
dans beaucoup d’Etats (2).
C’est surtout en attaquant les fruits du Haricot que la
maladie cause d’importants dommages. Les gousses corrodées
par les taches restent vides ou ne portent que
quelques graines souvent tachées elles-mêmes de brun
par le parasite; la plupart des Haricots ont été arrêtés
dans leur développement et ont avorté.
Une température humide parait favoriser la crois-
(1) B e rich te d e r deutschen botanischen Gesellschaft, t. I, p. 33 ( i883).
(2) U. S. Annual r ep o rt o f the department o f a g ricu ltu re f o r the year
i S S y . Report o f the chie f o f the section of vegetable Pathology, Scribner.
sance du parasite et la dissémination de ses spores et, pat-
suite, rextension du mal.
Colletotrichum oligochætum Cav.
Nulle du Melon.
Dans les environs de Rambouillet certaines cultures
de Melon furent attaquées il y a quelques années par un
parasite qui n’avait pas encoïc été signalé en France sur
cette plante, le Colletotrichum oligochaetum Cavara (i).
Cette espèce a été signalée parle D" Cavara (2) sur les
jeunes feuilles et les tiges de la Courge. Depuis, il l’a
observée sur les cotylédons, les feuilles, les rameaux et
les fruits de diverses Cucurbitacées cultivées dans les jardins
de Pavie (3).
Lorsque les plantes sont attaquées très jeunes, elles
sont rapidement détruites. Adultes, elles résistent plus
longtemps; mais pour les Melons particulièrement, la
plus grande partie des fruits sont envahis et ne parviennent
pas à mûrir; ils sont entièrement désorganisés bien
avant le moment de la récolte.
Extérieurement les plantes malades présentent des taches
d’apparence et de forme variées, suivant les portions
de la plante où elles se montrent. Sur les tiges elles sont
allongées, jaunâtres, mal délimitées; de même sur les
feuilles, où leur couleur est plus accentuée. Les fruits
sont atteints d’une façon plus intense, les taches s’étendent
surtout en profondeur, constituant un amas blanc
jaunâtre, où tous les tissus sont entièrement décompo-
(1) Pril iieux et Delacroix, Colletotrichum oligochaetum, parasite, sur les
Melons. Bul l , de la SOC. Mycol., t. X, p . 162.
(2) Cavara, M a té riau x de m ycolo g ie lom b a rd e , Fe vue mycol . ,
p. igi .
¡3) Cavara, Contribuzione a lla micologia lombarda, Ann. d e l l s t i t . botan.
de rU n iv e rs ilà d i P a v ia , 1 s é r i e , vol. 2, p. 270.
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