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2 4 0 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
On doit, du reste, recommander de brûler les vieilles
tiges de Melon chargées de feuilles desséchées sur lesquelles
VAlternaria continue longtemps de vivre en saprophyte
et de fructifier.
Une maladie des Melons caractérisée par l’apparition
sur les parties desséchées des feuilles d’un Alternaria
qui paraît pouvoir être rapporté à l’A/ierwarza Cucurbitae
a été observée aussi dans les jardins maraîchers
de la banlieue de Paris. Elle y a causé de notables dégâts,
non seulement sur les pieds malades, dont beaucoup
de fleurs avortent et ne nouent pas, mais les jeunes fruits
qui se forment et se développent mal, puis meurent
quand ils ont à peine atteint la taille d’une olive.
M. Frank a signalé une maladie des Citrouilles qui
causé des dommages autour de Berlin et qu’il dit produite
par un Sporidesmium ou Polydesmus qui détruit
les fruits sur lesquels il se développe. Le peu de différence
existant entre ces genres et les Alternaria permet
de supposer que cette maladie de la Citrouille est causée
par le môme parasite qui, observé sur le Melon, a été
rapporté au genre Alternaria.
P o ly d e sm u s e x i t io s u s Kühn.
Maladie des siliques du Colza.
S y n . '. S p o r id e sm iu m e x i t io s u m K ü h n .
Le genre Polydesmus créé par Montagne diffère fort
peu du genre Alte rnaria; il s’endistingue seulement en
ce que le plus souvent ses conidies en forme de massue
renversée ne sont divisées que par des cloisons transversales,
tandis que dans la forme typique Alternaria
il se produit de petites cloisons longitudinales entre les
cloisons transversales et la spore est divisée en cellules
C H A M P I G N O N S P A R A S I T E S . 2 4 1
muriformes. 11 y a tant d’intermédiaires entre ces deux
cas que l’on peut sc demander si les Polydesmus peuvent
être vraiment séparés des Alternaria.
M. Kühn a fait une étude particulière du Noir des siliques
de Colza qu’il a nommé d’abord Sporidesmium
exitiosum [i) puis Polydesmus exitiosus et il a montré
que c’est à ce champignon qu’est due une maladie qui a
parfois causé des dommages considérables, dans les cultures
de Colza.
Les pieds de Colza dont les siliques sont encore vertes
se couvrent de taches noirâtres, qui sont d’abord ponc-
tiiormes sur les siliques, et linéaires sur les tiges et
les rameaux, puis en grandissant ensuite elles changent
plus ou moins de forme. Quand les siliques sont inclinées,
c’est presque exclusivement sur leur côté supérieur
que les taches se forment.
Sur les siliques fraîches et vertes, les taches sont déprimées,
le tissu s’y dessèche tout d’abord, puis le fruit
entier change de couleur se flétrit et se ride. A cet état
SI le temps est sec, au moindre vent, à la moindre
secousse les valves de la silique se détachent et les
graines tombent, vertes encore quand l’attaque du mal
a été tardive, ridées, brunâtres et entourées d’un mycélium
blanchâtre quand elle a eu lieu de bonne heure.
La maladie est dueau parasitedont on trouve le mycélium
dans le tissu des taches noires et qui forme à leur
surface de nombreuses spores brunes en forme de massues
renversées et cloisonnées transversalement : c’est le
Polydesmus exitiosus. Ses spores sont produites à l’extrémité
de filaments conidiophores, cylindriques, dressés,
assez courts, que divisent des cloisons plus ou moins
nombreuses; mais elles s’en détachent avec la plus
(I) Bot. Z e it. i 85 6 , n» 6, p. Sg et ss, pl. II . - Die K ran kh e ile ii der
Cuîîîü-geipüchse i 8 58 , p. 164.
M A LA D IE S D ES P L A N T E S . — T . U . l 6