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1 8 4 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
et de là gagne les grains qui changent de couleur, deviennent
brun livide, s’amollissent, puis se dessèchent,
en prenant une couleur grisâtre et terreuse. Des grappillons
entiers se flétrissent et meurent en paraissant seulement
échaudés par le soleil. Si l’on examine le pédoncule
de ces grappillons, on voit que toujours il est
profondément altéré. Ou bien, il présente seulement à sa
naissance une tache brune qui s’étend plus ou moins,
ou bien, il est desséché jusqu’à ses dernières ramifications,
jusqu’aux pédicelles des grains.
Maintes fois et c’est alors que la maladie offre son caractère
le plus net etleplus redoutable, ce ne sontpas les
rameaux de la rafle, mais le pédoncule même de la grappe
qui se désorganise complètement. Cela peut se produire
sur des raisins encore tout à fait sains et l’on voit
alors les grappes, souvent déjà presque mûres, se détacher
d’elles-mêmes et tomber sur le sol où elles pourrissent.
Les grains devenus livides et mous sous l ’action de
la maladie se couvrent de conceptacles de Coniothyrium
et se dessèchent.
En examinant la pulpe des grains encore mous,
on y trouve en abondance les filaments du mycélium
du Coniothyrium, qui entrent dans le grain par le pédicelle,
forment gerbe autour des faisceaux vasculaires
qui en émanent et s’irradient dans la chair, rampant entre
les cellules qu’ils tuent en les traversant (fig. 3oo).
Ces filaments mycéliens sont cloisonnés et ramifiés; les
ramifications se font à angle aigu. Il est possible, d’après
ces caractères du mycélium contenu dans les grains, de
distinguer avec certitude le Rot blanc du Rot brun
causé par le Peronospora viticola, à un moment où les
baies également brunâtres et juteuses ne sauraient être
sûrement différenciées d’après leur aspect extérieur. En
outre, les grains envahis par le Coniothyrium ne présen-
G H A M P I G N O N S P A R A S I T E S .
tent jamais, au moment de l’attaque, ces taches déprimées
et livides qui marquent les points par où a pénétré
le tube germinatif du petit corps reproducteur du
Peronospora ou du Guignardia, puisque le mycélium
du Coniothyrium entre
dans le grain par
sa base.
On peut observer
le même mycélium
ramifié dans les pédoncules
et les ramifications
de la râfle au
milieu des cellules
mortes et brunes des
couches profondes du
parenchyme cortical.
Les seules fructifications
du champignon
parasite du Rot
pâle que l’on ait trouvées
sur les grappes,
dans les Vignes, sont
des pycnides du Coniothyrium.
Elles se
forment en quantité
sur toute la périphérie
des grains, sous la
F i g . 3o o . — M y c é l iu m d e Coniothyrium
D ip lodiella.
peau et aussi sur la râfle et même sur des rameaux dans
la partie la plus extérieure de l’écorce.
Le mode de formation de ces pycnides est assez particulier.
Elles s’organisent à l’intérieur de petits amas
de stroma qui se produisent isolément sous la pellicule
du grain et dans la couche superficielle de la râfle. En
grossissant, chaque petit stroma fait bomber la cuticule
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