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sortir en quantité soit de l ’écorce, soit de la surface du
bois mis c à n u . E lle s sont d’un blanc brillant.
Dansle pa renchymecortical,lemycéliumdelà Rhizine
s’étend entre les cellules ; dans le liber, il est tantôt intercellulaire
et tantôt intracellulaire : souvent les tubes
criblés sont remplis par d’épais filaments de ce mycélium.
Dans les tissus morts de l ’écorce et du liber, on voit
entre les éléments brunis et dissociés le mycélium de la
Rhizine former un pseudoparenchyme, qui se détruit
quand tout le tissu entre le bois et l ’enveloppe subéreuse
est entièrement décomposé.
E n Sologne, la maladie ronde attaque principalement,
on a dit même exclusivement, le Pin maritime. Selon
M. Duchalais (i) les peuplements de Pin sylvestre ne
sont jamais atteints, au moins directement, et ce n’est
que quand les Pins sylvestres se trouvent entremêlés aux
Pins maritimes dans une place infectée qu’ils peuvent
être eux-mêmes envahis par la contagion. D’autre part.
M. Seurrat de la B oulaye assure qu’il a vu des cas de
maladie se développer dans des massifs uniquement
composés de Pins sylvestres (2).
I l est certain que, dans les Ronds, les Pins sylvestres
mélangés aux Pins maritimes résistent mieux cà la malad
ie; mais ils meurent aussi et leurs racines présentent
les mêmes symptômes d’altération que celles des Pins
maritimes.
L ’âge des Pins n’a pas d’influence sur le développement
de la maladie, mais il est un fait qui paraît bien
établi et qui est admis sans conteste par les propriétaires
(1) J . Duchalais, M a la die Ronde des P ins maritimes. Ex tra it du Rapport
de la session de 1893 du Comité central agricole de Sologne.
(2) Seurra t de la Boulaye, Mémoire sur la maladie Ronde, p. 20. - Ex.
trait desMém. de la Soc. d’agric., sciences....d'Orlc'ans, 1879.
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de Pins de la Sologne c’est que le mal débute toujours
autour des foyers allumés par les bûcherons ou les rôdeurs
dans les bois. L a croyance que les Ronds ont pour
cause première les feux allumés dans l’intérieur ou sur
le bord de massifs résineux est très répandue chez les
sylviculteurs des Landes, aussi bien que chez ceux de la
Sologne. Cette influence maintes fois contrôlée des foyers
sur le développement de la maladie ronde est bien d’accord
avec l’expérience de M. R . Hartig qui n’a pu faire
germer des spores de la Rhizine sur le sable mêlé d’humus,
tandis qu’il en a obtenu rapidement de nombreuses
germinations en les plaçant dans un milieu nutritif. Sans
doute la cendre des foyers favorise le développement
des spores de P.hizine qui, sans cela, demeurent le plus
souvent sans germer sur le sable où poussent les Pins.
On a vu un fait analogue se rapportant à la germination
des spores du M e ru liu s lac rymans.
D’ailleurs, il est à remarquer que la faculté de végéter
sur la terre imprégnée de cendre de bois et de matières
empyreumatiques est partagée par beaucoup de petites
Pézizes, et il est fréquent d’en rencontrer dans les forêts,
sur les places occupées par des charbonnières abandonnées.
Lamaladie se propageant dans le sol des arbres atteints
à ceux qui sont sur le bord du Rond infecté, il convient
de cerner les places envahies par le parasite, d’un
fossé fait à 3 ou 4 mètres au delà de son extrême limite
apparente. Quand l’opération est bien faite et que le
mal n’est pas trop généralisé, elle en arrête l’extension.
En cernant ainsi d’un fossé tous les foyers que l’on trouve
dans les bois de Pins, on se place, en effet, dans les
meilleures conditions pour éviter que le mycélium ne gagne
de proche en proche les racines des arbres voisins.
Le mélange d’arbres feuillus au Pin maritime paraît
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