
II IN T RO D U C T IO N .
Pathologie humaine et s’inspiraient des idées régnant
en médecine humaine. Ré, par exemple, divisait les maladies
des plantes en maladies sthéniques ou provenant
d'un excès de force, asthéniques ou causées par la faiblesse
et indéterminées. La répartition des altérations
des plantes dans ces classes était du reste fort arbitraire.
Ainsi Ré plaçait les maladies produites par les Erysiphe,
les Blancs, confondus avec d’autres faits sous le nom
d^Albugine parmi les maladies de faiblesse aussi bien
que le Charbon du Mais, tandis qu’il mettait la Carie,
le Charbon et la Rouille au nombre des maladies indéterminées.
C’est à De Candolle que l’on doit d’avoir posé les
bases rationnelles d’un traité des maladies des plantes
en les considérant comme des altérations de l’état physiologique
normal produites soit par des conditions défavorables
du milieu ou elles végètent, soit par l’action
d’organismes parasites pénétrant dans leurs tissus.
Les maladies non parasitaires des plantes telles que
les altérations causées par le froid, la sécheresse, l’absence
ou l’excès de certains éléments dans le sol, etc.,
forment une partie, non la moins importante, de la 1 a-
thologie végétale et qui est très intimement unie à la
Physiologie végétale. On en peut séparer la partie qui
traite des maladies parasitaires. Celle-ci repose essentiellement
sur la connaissance de ces parasites qui sont
la cause d’altération profondes du tissu des plantes et qui
produisent parfois, quand iis se développent en quantité
dans les cultures, des épidémies terribles.
Dans le présent livre je ne traiterai que de 1 histoire
des parasites végétaux qui attaquent les plantes agricoles
et les arbres des vergers et des forêts. Le sujet est
assez vaste et si je puis en rendre l’étude intéressante
et accessible aux agriculteurs et à toute personne vivant
au milieu de la campagne, qui a reçu dans une école ou
un lycée quelques connaissances générales sur la struct
u r e des plantes, j’aurai atteint le but. que je me suis
proposé. '
La plupart des végétaux parasites qui causent d importants
dommages dans les cultures, le Charbon, la Carie,
la Rouille des Céréales, les Champignons de la maladie
de la Pomme de terre, du Mildiou et du Black-Rot des
Vignes, sont de très petits êtres qui, par leur ffinuité,
échappent presque à la vue, et dont l’etude paraît l'éser--
véeàuntrès p e t i t nombre de spécialistes. Il semble établi
que de telles recherches présentent trop de difficultés
■ pour être à la portée de toute personne de bonne volonté.
Mon plus vif désir est de contribuer à dissiper cette
croyance et de faciliter les débuts d’observateurs qm,
vivant au milieu de la campagne, peuvent s’exercer d’abord
à contrôler les faits déjà observés et décrits, sur des
végétaux cultivés qu’ils sont à même d’examiner en
quantité et à tout degré de développement.
S’ils prennent goût à ces recherches, ils pourront devenir
ainsi bientôt capables d’apporter à leur tour à la
science beaucoup de faits nouveaux. Il y a un champ immense
d’observations neuves pour qui veut travailler à
compléter nos connaissances sur les Champignons parasites.
On sait que beaucoup de ces petits êtres peuvent revêtir
successivement des formes diverses, mais le nombre
est relativement petit des espèces dont on a pu suivre
le développement à travers toutes ses phases; bien^des
faits sont admis par analogie plutôt qu’établis par l’observation
directe et cependant la connaissance complète
de l’évolution des parasites, la détermination des conditions
dans lesquelles se produisent leurs formes differentes
de reproduction, peuvent avoir ■ la plus grande