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452 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
des prunes, celui des prunes et des cerises avec des
spores prises sur des pêches. II est bien certain que la
même maladie attaque les fruits à pépins et les fruits à
noyaux, mais c’est sur ceux-ci seulement qu’elle paraît
pouvoir causer des dégâts importants et détruire les récoltes
dans les climats chauds, quand la température y
est humide.
Les fruits momifiés par le Monilia restent ordinairement
attachés sur les branches, ou, s’ils tombent sur le
sol, ils n’y pourrissent pas durant l’hiver. Au printemps
suivant, comme l ’a observé M. Smith, le mycélium
du parasite qui était demeuré engourdi et à l ’état
de vie latente pendant la saison rigoureuse se ranime
sous l ’influence de la chaleur et de l ’humidité ; il recommence
à végéter et à produire des touffes grises de
chapelets de spores. A la température ordinaire du laboratoire,
un fruit momifié pris en avril sur une branche
où il a passé l ’hiver et placé à l’humidité se couvre en
deux jours de fructifications de M o n ilia . Jam a is on n’en
a vu produire des apothécies de Pezize, mais les spores
printanières de M on ilia formées par le parasite qui a tué
les fruits de la récolte précédente suffisent pour perpétuer
le parasite et assurer l ’infection des fruits nouveaux.
Sur les Pêchers, en Amérique, le M on ilia fru c tig en a
attaque les jeunes rameaux et les grille. Parfois sur
ceux de l ’année précédente, le plus souvent su rle s jeunes
pousses au printemps, on vo it des touffes de fructifications
du parasite. Quand la saison est humide, le grillage
des branches peut, d’après M. Smith, causer plus de
mal même que le R o t des fruits, beaucoup de branches
meurent et la récolte de l ’année suivante est fort réduite.
Le remède que l’on a proposé en Amérique pour
empêcher l’extension du mal dans les vergers de pêches,
consiste à recueillir avec soin tous les fruits atteints
C H AMP IG NO N S P A R A S I T E S . 453
par le Rot quand 011 fait la récolte. E n outre, quand le
temps est chaud et pluvieux, si les fruits commencent à
brunir au lieu de mûrir, 011 doit immédiatement cueillir
tous les fruits montrant trace d’altération. Ce travail doit
être fait rapidement et complètement; on devra le
répéter au bout de 2 ou 3 jours. T ous les fruits atteints
de Rot brun doivent être recueillis et enterrés ou brûlés
avant qu’ils se soient couverts de touffes grises de chapelets
de spores.
Enfin, à l ’arrière-saison, à la fin de l’automne, quand
les feuilles sont tombées, on fera une nouvelle visite du
verger pour récolter et détruire tous les fruits momifiés
qui sont sur les branches ou à terre.
Stromatinia temulenta P r ill. et Del. — Endoconidium
temulentum Prill. et Del.
L e Seigle enivrant.
Qn a signalé en France en 18 9 1 , d’abord dans le
département de la Dordogne, puis dans celui de la
Creuse des accidents causés par les Seigles de la dernière
récolte. Du pain fabriqué avec de la farine de ce
Seigle a rendu malades toutes les personnes qui en
avaient mangé. Deux heures après leur repas, elles ont
été atteintes d’un engourdissement général et se sont
trouvées pendant 24 heures dans l’impossibilité de se
livrer à aucun tra v a il; elles ont même été obligées de
se coucher. Des hommes qui étaient allés travailler dans
les champs après le repas du matin se sont sentis dans
un état de malaise et de torpeur tel qu’on a dû les aller
chercher pour les ramener chez eux; ils étaient incapables
de revenir seuls. Le s animaux, chiens, porcs, vo laille
auxquels on avait donné de ce même pain sont