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sulfate de cuivre c’est-à-dire de l’hydrate d’oxyde de cuivre
(i).
Dans le traitement bordelais comme dans le traitement
bourguignon, c’est le sel de cuivre qui est l’agent
actif de la destruction des conidies qui tombent sur les
feuilles. La très petite quantité de matière toxique qu’abandonne
à l’eau de la rosée ou de la pluie la poussière
d’hydrate d’oxyde de cuivre qui reste adhérente à l’épiderme
quand l’eau où elle était en suspension s’est évaporée,
suffit pour que les conidies ne puissent y verser
de zoospores vivantes.
Les nombreux traitements de Vignes effectués en 1886
et dans les années suivantes ont tous prouvé que l’emploi
des sels de cuivre permet de lutter victorieusement contre
l’invasion du Mildiou et de sauver plus ou moins
complètement la récolte. Mais on a dû expérimenter
l’emploi du sulfate de cuivre en dissolution à des doses
diverses, et faire varier la composition de la bouillie
bordelaise et aussi étudier divers autres modes de traitement
soit par des liquides, soit par des poudres qui
ont para avoir quelques avantages spéciaux et dans lesquels
le cuivre est toujours la substance efficace.
Solution de sulfate de cuivre. — Les proportions
de sulfate de cuivre proposés pour le traitement
des Vignes, ont varié depuis lo à i 5 de sulfate de cuivre
pour 100 d’eau jusqu’à moins de i pour 100.
On commençapar employer les doses élevées. M.Müntz,
en i 88 5, s’est servi dans ses expériences des solutions
à 10 pour 100 (2), mais quand la liqueur n’est pas
répandue en très fines gouttes par un très bon pulvéri-
(1) Le sulfate de cuivre est décomposé; son acide sulfurique se porte
sur la chaux et produit du sulfate de chaux. Le cuivre reste à l ’état d’hydrate
d’oxyde de cuivre.
(2) Comptes-rendus de l'Académie des sciences, 2 nov. i 885.
sateur conduit rapidement, on produit souvent des brûlures
des feuilles qui, sans avoir une grande gravité,
nuisent d’une façon sensible à la végétation de la vigne.
On a, à cause de cela, réduit déplus en plus les doses
de sulfate de cuivre à 3 pour loo, à i pour loo et même
à 3 pour 1000. M. Bouchard de Beaune (i) a proposé
d’employer seulement des liquides contenant 3oo grammes
de sulfate de cuivre par hectolitre. Des traitements
faits ainsi ont donné des résultats satisfaisants. D’après
M. Ricaud (2), la proportion de 3oo à 5oo grammes
par hectolitre peut suffire dans tous les cas.
Les traitements faits avec des solutions de sulfate de
cuivre même faibles, à i pour 100 par exemple, ont cependant
encore brûlé parfois les Vignes quand la liqueur
était déposée en grosses gouttes par un brillant soleil. Le
liquide, en effet, s’évapore, se concentre et devient très
corrosif.
Le sulfate de cuivre a été aussi répandu d’une façon
indirecte et assez imparfaite du reste, à l’aide de liens
de paille dont on se sert d’ordinaire en Bourgogne pour
accoler les vignes aux échalas et que l’on a soin de
tremper préalablement pendant douze heures environ
dans une solution de sulfate de cuivre à i 5 pour 100.
Ce mode de traitement, bien qu’insuffisant quand la
maladie se développe avec une certaine violence, n’est
pas sans effet et il est si peu coûteux qu’il doit être
recommandé dans les pays où on lie les vignes a des
échalas.
Bouillie bordelaise. — Le mélange que l’on désigne
sous le nom de bouillie bordelaise a été fait à des
proportions fort diverses. On a proposé d’employei des
(1) Bulletin du Comité de l’arrondissement de Beaune, octobre i 885. _
(2) Ricaud, la Lutte contre le Mildiou en B ourgogn e. — L a Vigne ame-
ricainc, lo® année, n® i i , nov. 1886.