
sauce des phases successives de sa végétation a permis
de combattre efficacement sa propagation dans les vignobles
de l’Europe et d’empêcher que la terrible maladie
du Black-Rot ne causât dans notre pays des ruines
pareilles à celles qu’elle a produites en Amérique.
L ’Amérique possède des espèces de Vignes qui lui sont
propres, mais comme elles ne produisent que des raisins
sans valeur, on y transporta de nombreux cépages
français; cependant la culture de la Vigne française ne
prenait guère d’extension aux Etats-Unis là où le climat
paraissait cependant y être favorable. C’est que l ’Amérique
est la patrie non pas seulement d’espèces particulières
de Vignes, mais encore d’insectes et de champignons
parasites des Vignes qui n’existaient pas dans
l’ancien monde, mais qui attaquaient nos cépages dans
les vignobles des États-Unis et les faisaient périr.
En France on ne se préoccupait guère des maladies
qui pouvaient troubler la culture de la Vigne en Amérique
et on ne songeait pas qu’elles pussent venir de si
loin envahir nos vignobles en Europe.
On sait comment MM. Planchón, G. Bazille et Sahut
découvrirent en 1868 le Phylloxéra sur les racines des
Vignes dans la vallée du Rhône, comment M. Planchón
établit que le Phylloxéra était bien identique à l’insecte
déjà observé dans les Vignes en Amérique. Puis comment
on remarqua dans les collections de Vignes envahies
par le Phylloxéra que divers cépages d’origine
américaine résistaient mieux à ses atteintes que les cépages
français. Dès lors on commença à envoyer d’Amérique
en France de nombreuses variétés de Vignes choisies
parmi celles que l ’on supposait les plus résistantes ;
l’introduction de cépages américains devint l’objet d’un
grand commerce; chaque année on importait d’Amérique
des boutures et des pieds de Vigne qui à la longue
devaient finir par introduire en Europe presque tous
les champignons parasites des Vignes qui existaient dans
les vignobles du nouveau monde.
Les maladies des Vignes qui régnaient aux États-Unis
étaient assez mal connues; les vignerons s’y plaignaient
depuis longtemps de ce qu’ils nommaient le M ild ew
(Mildiou) c’est-à-dire la Moisissure, et le Rot, la Pourriture
qui causaient dans les régions chaudes et humides
des dégâts tels que dans certaines contrées, on avait dû,
à cause d’elles, renoncer à cultiver la Vigne.
On sait que la maladie du Mildew ou Mildiou causée
par le Peronospora viticola a été reconnue en France
en 1878. Qu’elle y a pris de grands développements,
que son histoire y a été bien étudiée et qu’il y a été reconnu
que le Peronosp ora v iticola n’attaque pas reniement
les feuilles mais aussi les raisins; dont il fait
pourrir les grains, et qu’il est ainsi en réalité la cause
d’une des maladies nommées Rot en Amérique.
Cependant il était certain que dans bien des cas la
destruction des raisins désignée aux États-Unis sous le
nom de Rot avait une autre cause que le parasitisme du
Peronospora viticola. On savait que les cultivateurs du
nouveau Monde distinguaient le Rot sec [d r y Rot] du
Rot juteux (saft Rot) le Rot noir [black Rot) du Rot
brun [brown Rot) et que, parmi ces sortes diverses de
Rot, l’un au moins le Rot noir, le B la c k -R o t , était une
maladie tout autre que celle que produit le Pe rono spora
viticola en attaquant les grains.
Le parasite qui est la cause du B la c k -R o t avait même
été déjà signalé par des botanistes. Engelmann décrivit
très exactement en 1861 (i) les caractères des grains at-
(1) Engelmann, Jo u rn a l o f p roceed, transact, o f the Acad, o f Sciences
Saint-Louis (Missouri), i8 6 i ; Berkeley ct C a n is , Grcv illea 1873, 11, 82.
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