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petit haricot, comme ceux qui se forment à la surface
d’un tubercule, ou qu’ils présentent la taille et la forme
d’une crotte de souris comme ceux qui se produisent
à l’intérieur d’une tige de Haricot, ils n’en donnent pas
moins naissance à des apothécies de Pezize toutes identiques.
lis sont donc bien de même nature, malgré les
variations considérables qu’ils peuvent présenter dans
leur aspect.
De Ba ry a observé et décrit avec une grande précision
la pénétration du mycélium du Sc le ro tin ia Libertiana
à l’intérieur d’une plante vivante (i).
Si on place auprès d’une Carotte dont la surface est
couverte d’une couche de mycélium en pleine activité
de végétation une jeune plante telle qu’une Fève, de
telle façon qu’un filament vigou reux de mycélium
vienne bientôt en s ’allongeant buter sur l ’épiderme de
sa petite tige, on voit d’abord se former autour de son
extrémité de ces petits rameaux cloisonnés à cellules
courtes qui constituent un crampon. L ’épiderme auquel
adhère ce crampon ne présente d’abord aucun changement,
mais bientôt sans qu’aucun filament pénètre à
leur intérieur, sous l ’influence d’une sorte de venin que
secrète le crampon, ses cellules s’altèrent, leur protoplasma
se contracte, elles brunissent; puis peu à peu le
brunissement et lamort s ’étendent de proche en proche,
aussi bien en profondeur qu’à la su rfa ce ; les cellules
du parenchyme perdent leur turgescence et laissent
couler leur contenu dans les méats intercellulaires.
Ce n’est que quand la désorganisation a atteint ainsi
les tissus de la plante nourricière en face du bouquet de
petits rameaux qui forme le crampon que ceux-ci pren-
(i) A . de Bary, Ueber e in ig e S d e ro t in icn und Sc lerotienkrankheiten. Bot.
Zeit., 1886.
nent un rapide développement, les uns à l’extérieur de
la cuticule, les autres en pénétrant perpendiculairement
à travers des déchirures de cette cuticule, qui s’est affaissée
sur le tissu amolli et pourrissant du parenchyme
cortical tué par la sécrétion mycélienne qui s’est infiltrée
au travers.
Dès que le mycélium a pénétré dans le tissu de la
plante, il y prend un rapide et puissant développement,
et l’influence destructive qu’il exerce à distance sur les
cellules du voisinage en amène vite la destruction.
Ce poison des cellules que sécrète le mycélium parasite
a pu être recueilli, et son action toxique sur lestissus
vivants observée directement. E n soumettant à lap re s se
des Carottes dont le parenchyme était envahi par ce
mycélium, de B a ry en a extrait un jus qui en 2 ou 3 heures,
à la température de 20“, a causé une désorganisation
bien nette sur des tranches de C arotte et des coupes fines
de tige de Fève. Le décollement des cellules par destruction
de leur lamelle intercellulaire, qui est tout d’abord
attaquée, la perte de turgescence et la contraction du
protoplasma, le brunissement des cellules et l ’infiltration
des tissus, sont les caractères de la mort des parties
de la plante où pénètre le poison du parasite.
Ce poison est acide ; il contient, d’après les observations
de de B a ry , un ferment soluble, et de l ’acide oxalique.
La présence d’un acide est nécessaire à l ’action destructive
du ferment; neutralisé par le carbonate de chaux, il
devient inactif.
Les gouttelettes de liquide acide qui perlent sur les
sclérotes ont les mêmes propriétés que le jus exprimé
des tubercules envahis par le mycélium; ils contiennent
le même ferment et aussi de l ’acide oxalique et d’autres
acides organiques.
Le champignon qui cause la mort du Haricot, de la