
D’après les observations de M. Cavarra, des spores hyalines
de Coniothyrium Diplodiella peuvent germer sans
brunir; mais ordinairement leur germination se fait un
peu plus lentement et elles deviennent brunes avant d’émettre
un tube de germination. Les spores bien mûres
et brunes germent en 4 heures, quand la température
ambiante n’est pas inférieure à 18 ou 20°.
Le plus souvent, les tubes de germination des spores
pénètrent dans les ràfies des grappes par les places où
elles ont été déchirées par des grêlons ou rongées par
des insectes.
Longtemps on a pensé que le Coniothyrium Diplodiella
était seulement saprophyte, parce qu’on n’avait
observé ses fructifications que sur des grappes desséchées,
détachées des ceps et tombées sur le sol, mais
o^rand on a vu les ravages qu’il produit parfois après un
orage à grêle sur les Vignes chargées de grappes en pleine
végétation, on ne peut douter qu’il soit véritablement un
redoutable parasite.
La preuve directe du parasitisme du Coniothyrium
Diplodiella a été faite expérimentalement en 1887 tant
en Italie par M. Pirotta, qu’en France, à Nérac, par
M. Fréchou, en infectant avec des spores mûres des
grappes bien saines maintenues dans un milieu satuié
d’humidité. Au bout de 4 à 6 jours, les caractères de la
maladie apparaissaient d’une façon bien reconnaissable.
Toutefois, il semble que le plus souvent les grandes
invasions de Coniothyrium sont dues à ce que, par suite
soit d’une grêle) soit du développement de divers insectes,
la Vigne se trouve couverte de petites plaies par
où le Coniothyrium pénètre, sinon exclusivement, du
moins plus facilement et par beaucoup plus de points,
dans le tissu de la grappe. Le Coniothyrium Diplodiella
paraît être ainsi tout spécialement un parasite de blessures.
Ainsi s’explique son apparition fort irrégulière,
se produisant d’ordinaire à la suite de violents orages ou
accompagnant des invasions de Cochylis.
Du reste, un temps humide et chaud est toujours né-
cessaireau développement du Coniothyrium Diplodiella.
La sécheresse en arrête le progrès.
Le Coniothyrium n’attaque point les feuilles avant
d’envahir les raisins; on ne peut donc le combattre comme
le Black-Rot.
Les traitements des grappes aux sels de cuivre ont
donné des résultats assez incertains. Il semble, que pour
être efficaces, ils devraient être faits aussitôt après que
les lésions ont été faites sur les râfles. L ’irrégularité de
l’apparition des invasions rend ces traitements difficiles
à réaliser.
MM. Viala et Ravaz ont signalé l’apparition de périthèces
d’une Sphæriacée sur des grappes couvertes de
pustules de Coniothyrium qui avaient été placées sur du
sable humide dans une atmosphère confinée au mois
d’août. Ces périthèces se montrèrent en-octobre et novembre
sur les râfles et pédoncules, mais jamais sur les
grains.
MM. Viala et Ravaz (i) les ont considérés comme
constituant la forme ascophore du Coniothyrium Diplodiella
et l’ont décrit sous le nom de Charrinia Diplodiella.
D’après leur description, ces périthèces sont sphériques,
ont de 140 à 160 a de diamètre, émergent aux deux tiers
sur les organes desséchés qui les portent: leur enveloppe
est d’un noir très foncé et comme carbonacé, verruqueuse
sur la partie émergente et formée de plusieurs assises
(I) Sur le Rot blanc de la Vigne (Charrinia Diplodiella). Revue de v iticu lture,
1« sept. 1S9.1..