
humide, on fait naître sur la place infectée une tache
d’Anthracnose.
Un temps humide et pluvieux est la condition de la
dissémination des spores et de leur germination; elles
sont emportées dans les gouttes d’eau qui ont lavé les
taches. Une température un peu chaude tout en étant
humide favorise beaucoup le développement des spores
et par suite de la maladie. C’est celle qui règne souvent
dans le sud-ouest delà France; aussi l’Anthracnose attaque
t-elle les Vignes dans cette région avec une intensité
particulière. Dans les pays chauds, à la saison
où il ne pleut pas, les brouillards et les rosées
du matin peuvent bien remplacer les pluies et permettre
au mal de prendre une grande extension. C’est
ainsi qu’en Algérie, dans certains points de la Mitidja,
les Vignes sont tout spécialement exposées à souffrir de
l’Anthracnose. Dans l’Est de la France, on a maintes
fois constaté que des abris protégeant des treilles contre
la pluie les sauvaient de cette maladie qui partout
au voisinage dévastait les Vignes non abritées.
Le meilleur moyen de combattre l’Anthracnose est
de tuer à la fin de l’hiver le champignon qui reste vivant
dans les chancres creusés dans le bois de l’année
précédente.
M. Goethe a pensé que le parasite de l’Anthracnose
après avoir pris la forme Gloeosporium en été pouvait
produire sur les bois pendant l’hiver des fructifications
analogues à celles des Phoma, mais le fait est fort douteux.
Quoi qu’il en soit, les taches creusées dans le jeune bois
doivent être considérées comme les foyers d’infection
de la maladie et, en les détruisant le plus complètement
possible, on diminue beaucoup les chances de réapparition
du mal.
Le remède le plus ordinairement employé avec succès
est une solution très concentrée de sulfate de fer que
l’on rend plus corrosive encore en y ajoutant un peu
d’acide sulfurique. C’est en Suisse que l’emploi du sulfate
de fer pour combattre l’Anthracnose a d’abord été
pratiqué par M. Schnorf. Aujourd’hui ce remède est
d'un usage ordinaire dans le Bordelais et dans les points
où on avait le plus à souffrir de l’Amhracnose, grâce
à ce procédé, les dégâts que la maladie causait ont été
beaucoup diminués.
On emploie pour le traitement une dissolution de
sulfate de fer à 5o pour lo o . Il est, de plus, nécessaire,
pour éviter toute projection du liquide caustique, de
verser l’acide sulfurique sur les cristaux de sulfate de fer
avant leur dissolution dans l’eau.
On opère de la façon suivante : on prend 5o kilos de