
F i g . i 6 6 . — Mej-ulius lacrymans.
M y c é lium r é p a n d u s n r le "bois a l té r é é m e t t a n t d o s c o rd o n s . U n h a u t d e l a f ig u r e u n
r é c e p ta c le f o rm é à l a s u r f a c e d u h o is .
Les hyphes du Merulius lacrymans, incolores et cloisonnées,
portent assez fréquemment au niveau des cloisons,
des boucles qui présentent, d’après les observations
de M. R. Hartig, une disposition très particulière
et tout à fait caractéristique qui permet de distinguer
avec sûreté ce Champignon dans de petits fragments du
bois qu’il a attaqué (fig. 167) (i).
Les boucles se voient fréquemment sur les hyphes de
beaucoup d’Hyménomycètes,
mais elles sont d’ordinaire
formées simplement d’une
dilatation en forme de tube
courbé en demi-cercle qui
fait communiquer les deux
cellules entre lesquelles se
trouve une cloison. Dans le
Merulius lacrymans, de cette
sorte d’anse tubuleuse, part
souvent une ramification latérale
qui s’allonge en un
F ig . 1 6 7 . — H y p h e s de Merulius
lacrymans.
(D ’a p rè s M. K. H a r tig . )
filament qui lui-même porte aussi des boucles.
Le mycélium du Merulius lacrymans ne peut vivre
que dans un milieu humide; exposé à la sécheresse, il
meurt rapidement et ne revient pas à la vie quand on le
met de nouveau à l’humidité. Les toiles et les longs cordons
qui, dans un air confiné et saturé de vapeur d’eau
végètent puissamment, sont tués en quelques instants
par un courant d’air sec.
Ceux qui sont à l’intérieur du bois peuvent rester longtemps
vivants dans des pièces placées au sec. La durée
de leur résistance varie naturellement selon l’épaisseur
de la pièce, la quantité d’humité qu’elle contient, la si-
( I ) R. Hartig, Der ächte Hausschwamm. Berlin i 88 5 .