
pagation et l’extension du mal. Qu’une poutre de sapin
infectée en un point par le mycélium du Merulius, soit
placée dans une cave ou dans un cellier humide, sans
soupiraux, en même temps que la pourriture gagne
dans l’intérieur du bois , les filaments du mycélium forment
à s a surface une toile feutrée, d’où des cordons
poussent dans toutes les directions, gagnent les poutres
voisines jusqu’alors sainesetsouvent de proche en proche
atteignent les portes, les parquets du rez-de-chaussée,
les lambris sous lesquels le champignon fructifie, et
l’infection devient générale.
L ’aération, la libre pénétration d’un courant d’air sec
dans l’espace où se trouve le bois sont le meilleur, le seul
remède vraiment efficace pour arrêter les dégâts du
Champignon des charpentes.
A G A R IC IN E E S .
Dans les Agaricinées la partie fertile du réceptacle
n’est pas plane comme dans les Stereum ni couverte de
pointes comme dans les Hydnes, ni chargée de tubes
comme dans les Polyporées; elle porte des lames plus
ou moins saillantes que revet l’hyménium. Elles sont
presque toujours disposées en rayons à la face inférieure
d’un réceptacle très développé et qui, dans la plupart des
cas, est différencié en un chapeau en forme de parasol et
un pied qui est le centre vers lequel rayonnent les lames
hyménophores. Ce pied porte le chapeau le plus souvent
par le milieu, plus rarementpar le côté. Les formes dans
lesquelles le pied manque et où le chapeau est attaché-
sur le côté et à la forme d’un éventail, se rencontrent
chez les Agaricinées mais y sont assez rares.
La plupart des Agaricinées vivent en terre, dans un sol
mélangé de beaucoup de débris organiques. Il en est
peu qui, se montrant souvent sur du bois mort, où ils
vivent e n saprophytes, peuvent aussi attaquer des arbres
vivants et les tuer. Le plus important par la très grande
variété des plantes qu’il atteint et par l’intensité du
dommage qu’il cause, est VArmillaria Champignon
commun par toute l’Europe et qui est fort bien
connu, grâce aux belles études dont il a été le sujet (i).
Armillaria mellea iF l. Dan.) Quélet.
(Pourridié des arbres)
S y n . ; A g a r i c u s m e lle its F l . Dan.
Ce Champignon vit en saprophyte et en parasite. Son
mycélium pénètre dans les racines vivantes d’arbres d’espèces
fort diverses, se développe dans l’écorce et dans
les couches extérieures du bois; des racines il gagne le
bas du tronc, et là il produit au niveau du sol des touffes
de réceptacles d’un jaune pâle que l’on mange dans
bien des pays. Il attaque aussi bien les résineux que les
arbres feuillus des forêts, les Pommiers des vergers, les
Mûriers, les Figuiers et même les Vignes. Il cause alors
une des maladies que l’on confond avec d’autres sous le
nom général de pourridié.
Le bois des arbres envahis p a rïA rm illa ria mellea n’est
désorganisé que dans les parties basses du tronc, et la
destruction n’y pénètre pas bien profondément, jamais
au delà de i o centimètres ; mais comme ce sont les parties
extérieures, c’est-à-dire les plus vivantes des racines et de
( 0 Rob. Hartig, Wichtige Krankhe iten d e r Waldbaeime, Berlin 18 7 4 .—
Brefeld, Bot. Untersuchimgen üb. SchimmelpUze 111. Heft. 1877.)