
taqués par B la c k -R o t et signala non seulement la couleur
caractéristique d’un noir-bleuâtre qu’ils prennent
en se desséchant, mais la formation à leur surface de
granulations d’un noir de charbon qui leur donne un
aspect chagriné. 11 reconnut dans ces granulations les
conceptacles du champignon parasite cause du mal, et
il le rapporta au genre Naemaspora sous le nom de
Naemaspora amp elicida.
Plus tard en iSpS, Berkeley et Gurtis décrivirent
le champignon dont les conceptacles couvrent les grains
tués par le B la c k -R o t , d’une façon toute différente. Ils y
virent un Phoma qu’ils nommèrent Phoma uvicola.
Ils avaient également raison l’un et l’autre, ainsi que
je pus l’établir en 1880 (i), en examinant des grains de
raisins atteints du B la c k -R o t et qui provenaient des collections
d’ Engelmann lui-même. Ces grains portaient
des conceptacles de deux sortes, bien qu’ils fussent extérieurement
semblables. Les uns, remplis de spores
bacillaires très petites, répondaient au Naemaspora amp
e lic id a , les autres, contenant des spores plus grosses
et ovoides, presque globuleuses, étaient bien celles qu’avaient
décrites Berkeley et Gurtis sous le nom de Phoma
uvicola.
A ce moment, ce Champignon parasite à fruits conidiens
multiples n’existait encore qu’en Amérique; on
connaissait seulement par les publications viticoles des
États-Unis, les ravages produits par le B la c k -R o t que
l’on représentait comme la plus nuisible des maladies
connues, le fléau des États de l’Ouest, qui a plus cruellement
dévasté les vignobles de Cincinnati que toutes les
autres maladies réunies (2).
(1) Priliieux, Quelques mots su r le Rot des v ign e s amCrkaines et l’An-
iliracnose des Vignes fra n ç a is e s . B ull, de la Soc. Botanique d e h ra n c e 1880.
(2) Andrews Ful ler, Th e g ra p e culturist 1867, p. 2o5.
C’était donc un ennemi menaçant que l’on devait
redouter de voir s’introduire un jour ou l’autre dans
nos vignobles d’Europe, comme le Mildiou, avec les
plants ou les graines de vigne constamment importés
des États-Unis.
C’est en i 885 que la présence en France du B la c k -
Rot fut constatée pour la première fois. Vers la fin du
mois de juillet, le régisseur du domaine de Val-Marie
situé dans la plaine de Ganges, à la limite des départements
de l’Hérault et du Gard, M. Henri Ricard, remarquait
que les raisins de ses Vignes étaient atteints
d’une maladie qui lui était inconnue. Les dégâts augmentant
de jour en jour, au commencement d’août, il porta
de ces raisins malades à l’école d’agriculture de Montpellier,
où MM. Viala et Ravaz reconnurent qu’ils
présentaient d’une façon certaine les caractères du ii/ac/c-
' Rot des Américains.
La constatation de la présence de cette redoutable
maladie sur les bords de l’Hérault, où elle avait envahi
autour de Ganges une trentaine d’hectares, excita une
vive émotion dans tout le Midi de la France et on réclama
la destruction immédiate du loyer d’infection
qui menaçait d’une ruine complète toute la plaine de
l’Hérault, au moment où on commençait après tant
d’efforts à voir enfin la vigne prospérer et résister aux
attaques du Phylloxéra.
On fit à Ganges durant l’hiver de 18 8 5-1886 les traitements
qui furent prescrits par le directeur de l’école
d’agriculture de Montpellier, M. hoëx, secondé par
MM. Viala et Ravaz. On brûla les sarments des Vignes
attaquées, on pela et écobua le sol, on flamba les
souches et on les traita enfin par le sulfate de cuivre.
Malgré tous ces soins, la maladie reparut au mois de
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