
CHAPITRE IV.
USTILAGINÉES
Maladies Charbonneuses.
Les Ustilaginées sont des Champignons essentiellement
parasites qui vivent sur des plantes de familles
fort diverses mais sont particulièrement à redouter en
tant que parasites des céréales. Les Charbons de l’Avoine,
d e l’Crge et du Froment, celui du Maïs, la Carie
du Blé, sont des maladies bien connues qui peuvent
être données comme exemples d’un groupe très naturel
d’altérations dans lesquelles on voit certaines
parties des plantes, parfois plus ou moins déformées,
gonflées et tuméfiées, présenter à leur intérieur, à la
place du tissu normal, qui a été détruit, une poudre
brune ou noire que l ’on a comparée à de la poussière
de charbon et qui n’est rien autre chose qu’un amas de
spores du Champignon parasite cause de la maladie
charbonneuse.
Le Charbon des céréales qui détruit toutes les parties
des fleurs et ne laisse des épis de l’Crge et des grappes
de l’Avoine que les axes et les baies déchirées au milieu
de la poussière noire du Charbon, d’une part, la
Carie qui n’attaque que l’intérieur même du grain et
le remplace par une poudre brune d’une odeur fétide,
d’autre part, représentent les deux types principaux des
maladies charbonneuses.
Le Charbon des céréales est produit par des parasites
se rapportant au genre Ustüago, laCarie par un Tilletia.
Les Ustilaginées sont des Champignons d’une organisation
très simple. Ils ont un mycélium qui s’étend
à de grandes distances dans l’intérieur des plantes v ivantes
mais n’a qu’une très courte existence, parvenu
en certains points du corps de la plante nourricière il
donne naissance à de nombreux rameaux fertiles, à 1 intérieur
desquels se forment les spores qui, libres, constituent
les amas de poussière charbonneuse que l’on
voit au n-iilieu des tissus désorganisés.
Ces spores à membrane épaisse et le plus souvent de
couleur foncée sont des spores dormantes assez analogues
aux téleutopores des Urédinées. Cn les trouve
chez toutes les Ustilaginées. Dans quelques genres
[Tuburcina, Sorosporium), il se produit en outre des
conidiophores qui sortent de la plante nourricière à sa
surface. Ces formes conidiennes manquent dans les
Ustilaginées qui causent des maladies à nos plantes
cultivées.
Le mycélium des Ustilaginées consiste en tubes hyalins
septés, à cloisons tantôt rapprochées, tantôt fort
éloignées les unes des autres et qui portent des rami- ,
lications très nombreuses en certaines places, tandis
qu’en d’autres les hyphes s’allongent sans se ramifier
comme on le voit ordinairement dans les entrenoeuds
des chaumes.
Le mycélium ne s’étend pas seulement entre les
cellules mais il perce fréquemment aussi leurs parois
et les traverse ou y envoie de petites ramifications qui
se plient et se contournent à leur intérieur et jouent le
rôle de suçoirs (fig. 58).
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