
A la surface des taches se montrent sur l’épiderme
supérieur de petites pustules correspondant à des points
bruns disposés plus ou moins régulièrement en cercle
vers le milieu de chaque tache.
11 peut s’en produire aussi de semblables à la face infé-
F ig . 3 5 9 . — C y lin dro sp orium Mori.
A, Coussinet (1c stroma chargé cle coHiclic. — B, Coniclie isolée plus grossie.
rieure, mais elles se montrent plus tard et sont moins
nombreuses (i).
A ces pustules correspondent des lames de stroma
portant à leur surface de nombreuses conidies (fig. 35g).
On les a considérées comme des conceptacles très largement
ouverts, au point de ressembler à une cupule, et
rapportées, soit au genre Septoria, soit au genre Plileo-
( I ) Hugo V. Mohl. Ueber die Fleck enkran klieit d e r Maulbeerblaettcr,
in Botanische Z e itu n g 1854. p. 761.
spora. En réalité, il n’y a pas là de véritable conceptacle, et
c’est l’épiderme qui forme la paroi supérieure de ces pustules,
où s’accumulent les conidies produites par la couche
superficielle du stroma s’étendant sur le fond de la
pustule. C’est une sorte de couche hyméniale formée de
hlaments cylindriques, qui portent à leur sommet des
spores incolores, un peu courbées et légèrement amincies
par leur partie supérieure, obtuses aux deux bouts
et divisées le plus souvent par trois cloisons transversales,
quelquefois par quatre et même plus.
Sous cette forme, le parasite végète et se multiplie
pendant toute la belle saison. Les feuilles couvertes de
lâches desséchées n’exécutent qu’assez imparfaitement
leurs fonctions normales; l’arbre en souffre quand elles
sont nombreuses et étendues.
L ’humidité favorise l’apparition et les progrès de la
maladie. Dans les périodes pluvieuses, elle est plus
abondante; elle se montre plus fréquemment et avec
plus d’intensité dans les bas-fonds et les lieux humides.
Sa répartition est, du reste, très inégale, et on trouve souvent,
à côté de Mûriers fortement atteints, d’autres Mûriers
de même variété qui demeurent indemnes.
La parasite se montre sur des arbres très vigoureux,
aussi bien que sur ceux qui sont chétifs.
Sur les feuilles tombées à l’arriére-saison se montrent
en hiver les périthèces du Sphaerella que Fuckel a
nommé Sphaerella Mori et considéré comme la forme
parfaite du Cylindrosporium Mori.
La diagnose que Fuckel a donnée de ce. Sphaerella Mori
est si peu précise, qu’il n’est pas possible de savoir si
elle estidentique ou non au Sphaerella morifolia de Pa sserini.
Sous ce nom, le Sphaerella des feuilles du Mûrier
a été exactement caractérisé par Passerini, et c’est sous
cette dénomination qu’il a été décrit et figuré par