
•k I
' ^ Y. K
■ ii.i
constituent là une sorte de couche fertile [hyménium)
formée de filaments serrés les uns contre les autres et au
sommet desquels se forment des séries de spores qui
s’organisent les unes au-dessous des autres, successivement
( G). Les plus anciennes pressent contre la mince
couche de parenchyme et d’épiderme qui les recouvrent
et produisent par transparence la tache d’abord pâle puis
d’un jaune plus marqué que l ’on voit sur la jeune
pousse. L ’épiderme se bombe sous la poussée des spores
qui se forment incessamment et grossissent au-dessous
de lui et bientôt se déchire suivant une fente longitudinale
par où les spores se disséminent.
Au voisinage des points où se forment les fructifications
tout le tissu cortical envahi par le mycélium dépérit
et meurt; comme sur le côté opposé de la tige, le
tissu est sain et que la croissance y est normale, la tige
présente bientôt la courbure caractéiùstique qui accompagne
les lésions du Coeoma pinitorquum. Parfois après
s’être infléchis, les jeunes rameaux se relèvent par leur
extrémité en s ’allongeant et présentent la forme d’un en .
Sur les plants de un à deux ans, la tige est si mince
qu’une seule place attaquée par le Coeoma .suffit à la tuer.
Sur les arbres plus forts il faut que de nombreuses taches
se produisent pour entraîner leur mort. Après une
forte attaque de cette Rouille, il semble que les arbres
malades aient eu leurs jeunes pousses détruites par des
gelées. Les pointes mortes des tiges et des rameaux sont
remplacées au bout de quelque temps par le développement
de pousses accessoires dues surtout à l’allongement
des rudiments de rameaux qui à l'état normal s’é-
teignent après avoir produit seulement les aiguilles,
mais comme la maladie quand elle s’est une fois montrée
dans un peuplement de Pins, y reparaît tous les ans,
elle ne laisse pas de causer d’importants dommages.
Quand le printemps est sec, le, mal produit par le
Coeoma est faible et l ’arbre tend à se rétablir; mais
quand la température est humide et douce à la fin de
mai et au commencement de juin le parasite se développe
alors avec une intensité remarquable. Quand les
arbres atteignent une trentaine d’années, la maladie
disparaît d’elle-même.
Il était naturel de supposer qu’au Coeoma pinitorquum,
qui est une forme æcidienne isolée, correspond sur une
autre plante une Urédinée produisant des téleutospores.
M. R. HartigavaitdepuislongtempsiiSyqjremarquéque
presque toujours sur les points où apparaît d’abord la
Rouille courbeuse du Pin, il y a au voisinage quelque
Tremble [Populus Tremula) et il soupçonnait que cet
arbre devait être la plante nourricière sur laquelle le
parasite du Pin pouvait présenter ses autres formes. Il
put en fournir la preuve certaine en i 885 (i). En semant
les spores du Cæoma pinitorquum sur des feuilles
coupées de Tremble tenues dans un milieu très humide
et les couvrant d’une cloche de verre, il en produisit
l’infeciion; il vit s’y produire des urédospores, à
l’aide desquelles il put aisément infecter des Trembles à
l’air libre. Déjà M. Rostrup avait indiqué les relations
qui existent entre le Coeoma pinitorquum et une Rouille
du Tremble se rapportant au genre Melampsora et qu’il
a nommé pour cette raison Melampsora pinitorqua.
Ce qui caractérise le genre Melampsora c’est que,
après avoir commencé par produire durant l’été des
Uredo, ces Rouilles forment à l’arrière-saison sous l’épiderme
qui ne se déchire pas, des téleutospores qui sont
serrées les unes contre les autres de façon à constituer
une croûte compacte (fig. 1 14 b.).
(i) Bot. Centralblatt, X X I I I , n® 12, p. 362 ( iS85).
M A L A D I E S D E S P L A N T E S .