
conidiophores de B o try tis , ou bien les organes altérés
se couvrent de leur velouté gris cendré.
On a cité dans les jardins de nombreux cas de destruction
de L is , de Digitale, de Balsamine tués par le
B o t ry t is cinerea.
Ce parasite a produit une véritable épidémie sur la
grande Centiane dans le Ju r a , où elle a été étudiée par
M. Kissling (i) . C ’est au moment de la floraison que la
plante était envahie par les spores du B o t ry t is cinerea
qui germaient sur les stigmates et les anthères. Leur
tube de germination pénètre aisément dans ces organes
qui brunissent et meurent; et de là le mycélium parasite
envahit toute la tige la tue e t y produit ses sclérotes.
Les Rosiers dans les serres sont très fréquemment
aussi attaqués par le B o t ry t is cinerea. Leu rs jeunes
pousses sont tuées comme celles des Vignes et se couvrent
de même du velouté cendré caractéristique. Il en
est souvent de même pour les Pélargoniums, les Bégonias,
etc.,conservés l’hiver dans les serres.
L e s organes jeunes et les plantes naissantes sont surtout
exposées aux dangereuses attaques du B o try tis cinerea.
M. Hiltner a très bien constaté qu’une véritable
épidémie de jeunes Ciroflées-quarantaines était due au
parasitisme du B o try tis cinerea (2).
Sous une forme stérile, formé seulement de filaments
mycéliens très déliés, qui courent sur le sol, et dans le
sol, le B o t r y t is cinerea entourant les racines des jeunes
semis d’un fin réseau d’hyphes les pénètre et les tue.
Ces filaments enlacent en même temps en une seule
(1) Kissling, Zîêr B io lo g ie d e r B o t ry t is c in erea , Hedwigia, juillet-août
1889.
(2) L . Hiltner, E in ig e durch Botrytis cinerea erzeugte Kran khe iten gaert-
ne rischer und lan d iv irthsch aftliche r Culturpjlanzen. In au gura l dissertatio
n . Tha randt, 1892.
masse les petites particules de terre autour des jeunes
plantes qui dépérissent et meurent, sans que leurs o r ganes
extérieurs paraissent attaqués. Ce n’est qu’assez
tardivement que les cotylédons les jeunes feuilles pénétrées
et tuées par le mycélium pourrissent et montrent
les fructifications caractéristiques de la moisissure.
Cette ' maladie très répandue et très redoutée des
horticulteurs est désignée par eux sous le nom de
« Toile » (i).
Le Chanvre paraît être, d’après les observations de
M. Behrens, attaqué par plusieurs espèces différentes de
Sc lerotinia (2).
M. T ichomiroff avait déjà signalé une maladie du
Chanvre causée par un champignon produisant des sclérotes.
Il avait vu, sur ces sclérotes, se développer les apothécies
d’une Pézize, q u ’il avait nommée P e fi:{a K a u f manniana.
Plus tard, de B a ry identifia au S c le ro tin ia
Libertiana qu’il vit attaquer le Chanvre, cette P e0 a
Kaufmanniana.
Dans le cas de destruction des tiges du Chanvre observé
par M. Behrens en Alsace par un champignon
parasite produisant des sclérotes, ces organes tantôt
demeurèrent stériles, tantôt produisirent des conidiophores
de B o t r y t is c inerea. Comme d’après les études
de de B a ry le Sc le ro tin ia L ib e r tian a n’a pas de forme
conidienne pouvant se rapporter au genre B o t ry t is ,
M. Behrens a conclu de ses observations que la destruction
des tiges du Chanvre peut être produite soit
par le S c le ro tin ia L ib e r tian a , comme on l’a constaté en
[1) Mangin, S u r la To ile , affection p a ra s ita ir e de certains végétaux, B u lletin
de la Société d e B iologie, mars 1894, et Comptes rendus de l'Acad. des
Sc.. avril 1894.. — Priliieu x et Delacroix, M a la die de la T o ile p ro duite p a r
le Botrytis cinerea, Comptes rendus de l’Acad. des Sc., avril 1894.
(2) Behrens, Ueber das A uftreten des Han fkrebs in Elsas s. Z e its ch r . f .
PJlan\enkrankheiten, I, p. 208 ( 18 9 1 .)