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45o m a l a d i e s d e s P L A N T E S A G R I C O L E S .
spores qui sont la forme conidienne des Stromatinia
parasites des fruits de Vaccinium et àe Coignassier, mais
ces fruits brunis et desséchés par l’action des M on ilia f r u c tigena
paraissent ne jamais p roduire d’apothécies de S tro matinia
; o n n ’ en a du moins jamais observé et ce n’est que
par analogie que l ’on peut regarder ce parasite comme
une Pezize réduite à sa forme imparfaite de fructification.
Le M on ilia fru c t ig e n a attaque principalement les
fruits à noyaux ; les dégâts qu’il cause en Europe paraissent
assez restreints; ils sont certainement beaucoup
moins graves qu’en Amérique, où la maladie du Rot brun
cause dans les vergers de Pêcher des pertes énormes.
L a maladie est caractérisée d’abord par le brunissement
des fruits dont la chair se ratatine, se racornit et
forme une couche dure et peu épaisse autour du noyau.
Dans cette chair racornie et momifiée se trouvent en
quantité les filaments du mycélium qui sont gros, cloisonnés
et ramifiés. Ils traversent les cellules de la pulpe
du fruit et s’amassent en quantité sous la peau où ils
s’entremêlent, se serrent les uns contre les autres pour
former de place en place de petites masses de stroma
qui pressent contre l ’épiderme. Quand le temps humide
favorise la végétation du parasite les cellules du stroma
s’allongent perpendiculairement à la surface du fruit,
en percent la pellicule et s’épanouissent en gerbe au
dehors. L e s hyphes sorties de l ’intérieur du fruit de-
viennentfructifères etpardes renflements et des étranglements
successifs se transforment en files de spores ovoïdes,
simples ou ramifiées, qui ressemblent beaucoup à
celles de la forme M on ilia des S tromatinia , mais qui cependant
en diffèrent en ce qu’entre elles, il ne se forme
pas de disjunctor.
A maturité, les chapelets de spores s’égrènent assez
facilement. Chaque spore peut alors germer.
C H AMP IG NO N S P A R A S I T E S .
Leur germination diffère, selon qu’elles se trouvent
dans un milieu nutritif ou simplement exposées à l ’humidité.
Dans un milieu nutritif, elles produisent des tubes de
germination qui se ramifient et deviennent des filaments
de mycélium. A l ’humidité, elles émettent un tube de
germination qui porte des productions en forme de
bouteille d’où se détachent des sporidies globuleuses,
comme cela a lieu pour le M on ilia du Stromatinia
Padi.
Dans des conditions favorables, les tubes de germination
peuvent traverser la peau des fruits sains, aussi
bien que celle des pistils dans les fleurs et pénétrer
même dans les tissus des jeunes feuilles et des jeunes rameaux.
M. Smith a infecté en laboratoire des pêches
tout à fait saines en semant des spores de M on ilia f r u c tigena
sur unegoutte d ’eau disposée à leur surface. L ’infection
se fait surtout bien et se propage rapidement
dans un milieu très humide à une température d’environ
32“ C. Une élévation de 6 à 8 degrés au dessus de
la moyenne favorise beaucoup les progrès de la maladie
(i).
Les blessures faites aux fruits rendent particulièrement
aisée la pénétration du mycélium du M o n ilia . Les
fruits piqués ou tombés sont très ordinairement couverts
des touffes blanchâtres du M on ilia fr u c t ig e n a qui apparaissent
en lignes concentriques autour du point blessé,
où est le centre de l ’invasion. C ’est ainsi essentiellement,
dans notre climat, un parasite de blessure. Il attaque
aussi bien alors les pommes et les poires que les fruits
à noyaux. M. Smith a produit le Rot brun des poires et
des pommes en les infectant avec des spores prises sur
(i) Erwin Fr. Smith ,/oi/nza/ o f M y c o l o g y V, N ® 3 , i88g.