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du bois sont les conséquences de l’invasion des tissus
par le mycélium du Peridermium; la térébenthine produite
en excès s’écoule cà travers
les crevasses de l ’écorce morte et
se résinifie à la surface des parties
malades.
Le mycélium s’étend en rayonnant
et la place envahie par lui
augmente d’année en année. Sur
les jeunes Pins le mal a bientôt
envahi tout le pourtour de la tige
et causé par suite la mort du petit
arbre. C’est ainsi que dans les Jeunes
peuplements il fait en peu
d’années de terribles ravages.
Les arbres plus âgés résistent
plus longtemps : ils languissent
cependant et perdent peu à pou
leurs rameaux et leur flèche. Les
parties situées au-dessus des places
Fie. io3. — Peridermium
Pini.
envahies par le mycélium et dans lesquelles le
bois est altéré et imprégné de résine
se dessèchent et meurent; le
tronc dont non seulement l’écorce
mais la couche cambiale est en
partie détruite par le parasite ne
croît plus que sur une portion de
son pourtour. Le bois sain par
où la sève peut monter se trouve
F i g . i o 6 . — S p o r e s d e
■Peridermium Pini.
trop réduit pour que la végétation
continue longtemps dans les parties élevées.
Les fructifications du Peridermium de l’écorce ont
une structure presque identique à celle du Peridermium
des aiguilles. Au voisinage des conceptacles remplis de
C H AM P IG N O N S P A R A S I T E S .
files de spores orangées sont aussi des spermogonies
assez peu visibles du reste, et qui occupent de petites
taches rondes de 3 à 7 millimètres de diamètre. Toute-
)ois des caractères bien marqués différencient les deux
espèces; d’une part les conceptacles vésiculeux des aiguilles
sont différents de forme et de taille de ceux
de l’écorce; de l ’autre, l’époque de leur apparition
n’est pas la même; elle est plus tardive pour ceux de
l’écorce. En outre, leurs spores diffèrent assez notablement
de taille et de forme (fig. 102 et 106). De plus, il
y a ce fait fort remarquable qui est de nature à faire écarter
l’idée de rapporter les deux Rouilles vésiculeuses du
Pin à une même espèce, c’est que là où le Peridermium
des aiguilles se trouve extrêmement répandu et envahit
tout le feuillage des arbres, le Peridermium des écorces
peut manquer complètement; l ’inverse est également
vrai.
Cependant MM. Wolff et Magnus assurent avoir obtenu
la production du Coleosporium Senecionis sur le Seneçon
en y semant des spores du Peridermium P in i de
l’écorce, aussi bien que du Peridermium oblongisporium
des aiguilles.
C r o n a r t ium a s c le p ia d e u m (Willd.) Fries.
S yn . : Uredo Vincetoxici D. C . — Coeoma Cronartites Link. —
Cronartium gentianeum Tliüm.
Si ces faits sont exacts et il n’est guère possible d’en
douter, car ils viennent d’étre confirmés par M. Kiebahn,
on est obligé d’admettre qu’il y a plusieurs espèces de
Peridermium venant sur ï’écorce du Pin et qui ont été
confondues, sous la dénomination de Peridermium Pini.
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