
En effet, M. Cornu a établi que les spores du Peridermium
de l’écorce des Pins de la forêt de Saint-Germain près
Paris peuvent infecter une plante fort différente des
Seneçons, le Dompte-venin {Vincetoxicum officinale],
fort répandu dans le bois où la Rouille vésiculeuse s’était
manifestée^ avec une intensité redoutable. La Rouille
produite ainsi par l ’ensemencement des spores du Peridermium
de l’écorce du Pin sur les feuilles du Vincetoxicum
n’est pas un Coleosporium comme celle du Seneçon
mais un Cronartium, le C. asclepiadeum (fig. 107)
^ Les Cronartium dont Tulasne a bien fait connaître
I organisation réunissent les deux formes de fructification,
urédospores et téleutospores, comme les Coleospo-
num.
Vers le milieu de l’été 011 voit souvent apparaître sur
la face inférieure des feuilles du Dompte-venin de très
petites pustules au-dessus desquelles l’épiderme se perce
pour laisser sortir les spores jaunes, elliptiques, finement
verruqueuses que renferment les pustules. Ce sont
des urédospores (fig. 107 A a), les spores de VUredo Vincetoxici
D. C. qui offre cette particularité singulière que
chaque touffe est entourée par une poche membraneuse,
dont les parois sont minces et transparentes. C ’est une
sorte de péridium qui ne s’élève point au-dessus d e l’épi-
derme comme celui des Æcidium et des Peridermium et
s ouvre seulement par un pore étroit correspondant à
la rupture de l’épiderme qui se produit au-dessus de la
pustule.
Tandis que les spores d’Uredo se forment et se disséminent
il naît, du milieu de l’espace où elles se développent,
une petite colonne (b) qui s’allonge au point que
pour un diamètre de 5 à 8 centièmes de millimètre,
elle atteint jusquà deux millimètres de longueur. Cette
colonne est formée tout entière de cellules allongées
F ig . 1 0 7 . — Cronartium asclepiadeum.
(D ’ap rè s T u lasn e .)
oblongues ou fusiformes, intimement soudées entre
M A L A D I E S D E S P L A N T E S .
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