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M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
ga riae : c’est le Sphaerella F ra g a r ia e de Saccardo. Il
attribue en outre au parasite des taches du Fraisier deux
formes conidiennes, l ’une d’été, l’autre d’hiver et une
forme à pycnides.
Il n’y a pour rattacher toutes ces formes à un même
mycélium d’autre raison que leur apparition fréquente
sur les taches desséchées des feuilles du Fraisier. Pour
devenir certaine, l’opinion de Tulasne devrait être confirmée
par des cultures et des infections des jeunes
feuilles des Fraisiers. Jusqu’ici il n’y a que deux de
ces fructifications qui aient été ensemencées avec succès
sur les jeunes feuilles de Fraisier et y aient produit
des taches, c’est la forme conidienne d’été qui constitue
le Ramularia Tulasnei Sacc. et la forme à
périthèces le Sphaerella F ra g a r ia e .
Après que le mycélium s’est développé quelque temps
dans l’intérieur de la feuille et que le centre de la tache
qu’il a produite se dessèche et' pâlit, ses filaments s’amassent
en petites massues en divers points sous l’épi-
derme et forment des petits coussinets qui arrivent à
la surface de la tache, à travers l’épiderme rompu et se
couvrent de touffes de conidiophores incolores (fig. 353).
La longueur de ces conidiophores varie ordinairement
entre 3 o et 5o ¡x. Ils sont souvent formés d’une seule
cellule allongée, mais souvent aussi ils sont divisés en
2 ou 3 cellules par des cloisons transversales.
Les conidies se développent à l’extrémité de ces conidiophores;
d’abord globuleuses, elles s’allongent rapidement
et deviennent cylindriques. Elles atteignent
une longueur de 20 à 5o ¡x. sur 2,5 à 4 ¡x de large. Sou-
ventaussi, elles restent unicellulaires, mais parfois également
elles se cloisonnent et se divisent en 2 à 4 compartiments.
Elles sont incolores comme les conidiophores.
Dans d’autres cas, le sommet des conidiophores porte
CH AMP IG NO N S P A R A S I T E S . 271
toute une série de ces conidies unies l’une à l ’autre en
file moniliforme.
La formation de ces conidies se continue pendant
tout l’été. Elles germent facilement ; placées dans l’eau,
à une température de i 5 à 18" C., elles émettent au
bout de quelques heures de fins tubes de germination
qui s’allongent et peuvent se
ramifier.
Sur les feuilles de Fraisier
elles germent aisément par les
temps humides et pénètrent à
travers l’épiderme ou par les
stromates dans l’intérieur du
parenchyme.
M. Scribner en a fait l’expérience
( I ). Des conidies de
ce Ramularia Tulasnei semées
sur les feuilles saines
d’un Fraisier en pot tenu dans
un milieu constamment humide
pendant 3 jours produisirent
les taches pourpres caractéristiques
au bout d’environ
F i g . 3 53. — T o u f f e d e c o n id i e s
18 jours.
On observe assez souvent
DU R amularia Tulasnei.
(D’après Tulasne).
aussi en été et en automne
sur les taches, quand elles ne sont pas encore desséchées,
des groupes de pycnides globuleuses fort petites
qui se forment dans le tissu de la feuille et font à peine
saillie à la surface de la tache. Elles sont d’un brun
enfumé et sont largement ouvertes par un pore arrondi
( I ) Scribner, Report o f the c h ie f o f the section o f v ege ta ble p a th o lo g y
fo r the y e a r i S S y . Washington, 1888.