
salades bien connue et fort redoutée des horticulteurs
qui la désignent sous le nom de Meunier.
Dans les jardins où on cultive en grand les salades et
particulièrement les Laitues que l’on force sur couche
pour les vendre comme primeurs, on les voit souvent
envahies par le Meunier. Les feuilles des salades se couvrent,
en dessous surtout, d’efflorescences blanches qui
sont fort semblables à celles que portent les feuilles de
Vigne atteintes du Mildiou. Ce sont ces taches blanches
quelque peu farineuses qui ont fait donner à la maladie
ce nom de Meunier. Elles sont produites par de nombreux
bouquets d’arbres conidiophores qui sortent par
l’ouverture des stomates soit isolément, soit réunis par
deux ou trois (fig. 5 i A). Un tronc élancé porte à son tiers
supérieur des branches qui se ramifient en se bifurquant
à plusieurs reprises. Les derniers rameaux se terminent
chacun par un renflement que l ’on a comparé à un ganglion
et d’où émanent les stérigmates à l’extrémité desquels
naissent les conidies. Chaque renflement terminal
porte de 3 à 6 stérigmates.
Les conidies qui sont ainsi réunies par petits groupes
de 3 à 6 sont courtement ovales, presque globuleuses.
Quand elles se détachent elles portent à la base un petit
tronçon de l’extrémité du stérigmate.
Elles germent très facilement, non pas en produisant
des zoospores comme celles du Peronospora de la Vigne
mais en émettant à leur sommet un tube de germination
(fig. 5 i B). Dans l’intérieur de la feuille, d’où sortent les
touffes de conidiophores du Peronospora gangliformis,
s’étendent et se ramifient entre les cellules du parenchyme,
les hyphes de son mycélium. Ils sont d’un diamètre
assez variable; ils rampent contre la paroi des
cellules et y plongent des suçoirs comme les filaments
du mycélium du Pcronospora àe la Vigne; seulement,ces
suçoirs au lieu d’ètre globuleux sont un peu allonges,
eitel'orme de poire ou de figue, (fig. 5 i C ).
Épuisées par le parasite les
parties des leuilles où il pénètre
jaunissent, meurent, se
dessèchent ou pourrissent. Le
temps doux, la température humide
favorisent la végétation
du parasite, la production de
nouveaux conidiophores et la
germination de conidies sur les
feuilles ; dans ces conditions la
maladie fait de rapides progrès ;
au contraire le temps froid et
la sécheresse en arrêtent le développement.
On comprend
que l’atmosphère constamment
humide et tiède qui règne sous
les châssis et sous les cloches
où l’on force les salades favorise
tout particulièrement les
rapides progrès du Meunier.
Le Peronospora g a n g lifo r mis
n’attaque pas seulement les
Laitues mais diverses autres
plantes de la famille des Composées.
Les Chicorées, les Artichauts
en pleine terre en sont
parfois très fortement endommagés
dans les années humides.
F i g . 5 i . — Peronospora
gangliformis.
A. Conidioplioruiî. — B. Comdios g'cr-
mant. — C. Mycélium.
Les Cinéraires dont la culture
comme plantes d’ornement a pris une extension considérable
peuvent être très fortement atteintes par le
Meunier. Il envahit aussi beaucoup de mauvaises herbes
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