
de germination fort déliés (fig. 62 B) qui s’allongent et se
ramifient, croissant par leur extrémité, tandis que leur
partie postérieure s’épuise, se vide et meurt.
Si un de ces filaments rencontre sur son passage une
jeune plante nourricière, une germination d’Avoine, s’il
s’agit du Charbon de l’Avoine, il y peut pénétrer en perçant
le bas de la petite tige, ou l ’origine des racines, ou
la gaine extérieure qui enveloppe toutes les feuilles
quand elle est encore en voie de croissance et n’est pas
parvenue à sa taille définitive (ii. Ce n’est qu’en ce
moment, que la très jeune plantule peut être infectée par
le Charbon. Plus tard le tube de germination de la spo-
ridie d'Ustilago ne peut atteindre l’extrémité de la tige
naissante quand même il a traversé les couches extérieures
et l’infection n’a plus lieu.
Les sporidies peuvent, après qu’elles se sont détachées
du promycélium, ou même avant de se séparer, s’unir
les unes aux autres. Elles se soudent par des prolongements
tubuleux plus ou moins longs qui les font communiquer
le plus souvent deux, parfois aussi trois
ensemble (fig. 62. B) Les groupes de sporidies ainsi
fusionnées ne produisent qu’un seul tube de germination,
mais il s’allonge et se ramifie plus que celui d’une
sporidie isolée, ou, s’il donne naissance à une spo-
ridie secondaire, celle-ci est aussi plus grosse.
Quand une sporidie germe, tout son plasma passe
dans le tube de germination cqu’elle produit; les sporidies
fusionnées fournissent au tube unique qu’elles
émettent un aliment double ou triple qui favorise d’autant
leur allongement.
Germant dans l’air humide ou dans l’eau pure, chaque
(i) lloiFmann. l ’eber d e r F liig b ra n d . Dot. Vutersuchwigen, heraiisgegeb.
V . Karsten, 1866.
téleutospore ne produit sur son promycélium qu’un
très petit nombre de sporidies, mais il n’en est pas de
même quand la germination se fait dans un milieu nutritif
comme est de l’eau mêlée d’un peu de décoction
de fumier. Dans ce cas, non seulement le promycéliunT
prend des proportions plus grandes et produit directement
un plus grand nombre de sporidies, mais encore
chacune des sporidies produites se multiplie activement
I à la façon de la levûre de bière en donnant naissanceà
' son extrémité à des sporidies secondaires de même taille
- qu’elles-mêmes, celles-ci, à leur tour, en forment de troi-
: sième ordre et ainsi de suiteindéfiniment (fig. 62, C. D.)
; Le promycélium primitif se trouve au centre d’une touffe
I de rameaux en chapelets dont les articles se dissocient et
deviennent à leur tour l’origine de colonies nouvelles.
Les sporidies, qui se multiplient ainsi indéfiniment
sous forme de levùres dans un milieu nutritif, sont ccy
pendant pareilles à celles qui naissent directement du
promycélium dans l’eau pure ou à l’humidité. Quand
on les place dans l ’eau pure ou que le milieu oit elles
végètent est épuisé, elles cessent de se multiplier en
levûres et émettent des tubes de germination qui sont
capables de pénétrer dans les jeunes plantilles nourricières.
Si on ne laisse pas s’épuiser le liquide nutritif, la
multiplication des sporidies sous forme de levùres se
continue, en produisant sans interruption des milliers
de générations, mais alors ces sporidies-levûres perdent
peu à peu le pouvoir de germer par tubes dans l’eau et
par suite de pénétrer dans les plantes et d’y vivre en
parasites. Au bout de dix mois de culture dans un liquide
nutritif, après avoir produit pendant ce temps plus
de mille générations, les sporidies ne pouvaient plus
émettre de tubes, dans les expériences de M. Breteld.
M A L A D I E S D E S P L A N T E S . I I
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