
Pour limiter l’extension du B la c k -R o t , il y a des précautions
indispensables à prendre. 11 faut d’abord, pour
empêcher que les ascospores nées sur les raisins desséchés
de l’année précédente ne propagent la maladie
sur les jeunes feuilles, récolter soigneusement, au moment
de la vendange, toutes les grappes desséchées et
les détruire, au lieu de les laisser sur les ceps, d’où
l’année suivante elles reproduiraient la maladie. Sans
doute 011 n’obtient pas, par ce moyen, la destruction
complète de tous les conceptacles capables de produire
des asques au printemps; il y a ’ toujours des grappes
desséchées qui échappent à la récolte, des grains tués
par le B la c k -R o t qui sont tombés à terre et, plus tard,
que le vent emportera au loin. Mais, à l’aide de ces
précautions, on diminuera sûrement dans une forte
proportion le foyer d’infection au printemps, dès le moment
où les spores vont être projetées par les périthèces.
Il ÿ a parfois sur les sarments des Vignes fortement
atteintes par le B la c k -R o t d’assez nombreuses taches
couvertes de conceptacles; ces petits fruits pourraient
produire l’infection comme ceux qui couvrent les grains
des asques au printemps. Mais ces sarments sont tous
coupés à la taille et il est bien aisé de les détruire en
les brûlant aussitôt après cette opération.
Quant aux feuilles, toutes sont pourries sur le sol
avant la fin de l ’hiver.
Les remèdes employés efficacement contre le B la c k -
R ot sont les mêmes que ceux qui servent à combattre
le Mildiou. C’est au moment où les asques formés au
fond du périthèce sont mûrs et projettent leurs spores,
c’est-à-dire vers le moment même du débourrage qu’il
convient de répandre le liquide protecteur sur les jeunes
feuilles; un deuxième traitement devra être donné
avant la floraison, puis un troisième au moment où l’enveloppe
florale tombe et laisse à découvert le pistil,
c’est-à-dire au moment de la floraison.
Si l’infection est intense, si des taches nouvelles continuent
d’apparaître en grand nombre, sur les jeunes
feuilles, 011 devra multiplier les traitements selon le besoin.
Quand on traite régulièrement les Vignes tous les
ans, trois traitements ont pu souvent suffire à assurer
la protection des Vignes contre le B la c k -R o t , mais ces
traitements doivent toujours être faits avec grand soin.
Quand la Vigne à traiter est en touffes et qu’elle est vigoureuse,
le liquide pulvérisé pénètre difficilement dans
l’intérieur des touffes et le traitement est incomplet.
Dans ce cas on doit particulièrement recommander les
traitements supplémentaires à l’aide des poudres cupriques
qui, très légères, pénètrent beaucoup mieux à
travers l’épais feuillage jusqu’aux grappes. En alternant
les traitements aux bouillies cupriques répandues par
les pulvérisateurs et les traitements aux poudres, contenant
du soufre et du sulfate de cuivre, on a produit
de très bons effets.
Le palissage des Vignes sur fil de fer rend toujours
les traitements et plus faciles et plus efficaces.
Coniothyrium Diplodiella (Speg.) Sacc.
Rot pâle. Rot blanc. Rot livide.
S y n : P h o m a D i p l o d i e l l a S p e g . — P h o m a b a c c a e C a t t . — C o n io t
h y r iu m b a c c a e Ca t t . — P h o m a B r i o s i i B a c c a r i n i .
Le Coniothyrium D ip lo d ie lla est un champignon
parasite des raisins qui parfois cause dans les vignobles
des ravages effrayants comme on l’a vu, par exemple
dans le Gard en 1887 et que l’on a souvent confondu
avec le parasite du B la c k -R o t . Il fructifie de même dans