
est occupé par des filaments plus larges, q u i, blancs
au début, prennent ensuite une teinte brune. Ces cordons
sont floconneux à l’extérieur; les flocons bruns qui
les couvrent sont formés par des filaments renflés en
poireau niveau des cloisons. En outre, très souvent,
ces filaments qui se dirigent parallèlement les uns aux
autres communiquent par des brides transversales qui
les unissent entre eux(fig. 277). Ces cordons cylindriques
ou un peu aplatis s’étendent sur l’écorce des racines, rampent
dans les crevasses et s’épanouissent en lames quand
ils pénètrent dans son intérieur jusqu’au liber. Ils y
forment un feutrage assez analogue k celui des rhizomorphes
sous-corticaux de VArmillaria mellea, mais ce
feutrage est dans le cas présent moins dense, l’enveloppe
noire n’a pas le même caractère anatomique et présente
au moins quand elle est jeune, les renflements caractéristiques
du Dematophora. Ces cordons se dirigent dans
tous les sens, se ramifient dans l’écorce et dans le bois et
ils y émettent par toute leur surface des filaments qui
rampent entre les éléments anatomiques et pénètrent à
leur intérieur. Ils y produisent des altérations se manifestant
par la production d’une matière gommeuse
brune qui remplit les vaisseaux et les cellules et par
la gélification et la dissolution des couches d’épaississement
des parois des fibres. Dans les tissus cellulaires
particulièrement, ils peuvent former des amas à la place
des groupes de cellules détruites.
Ces filaments, qui envahissent ainsi les différents éléments
anatomiques du bois, présentent de temps en
temps de ces renflements en poire qui caractérisent les
hyphes du Dematophora.
Dans les racines âgées et depuis longtemps envahies,
ces cordons .mycéliens internes viennent souvent s’épanouir
à la surface en houppes floconneuses blanches
qui s’étendentdans le sol et foisonnentdansl’air humide,
ou bien ils forment des amas de stroma brun, sorte
de sclérotes, sur lesquels naissent le plus souvent les
conidiophores.
Ces sclérotes se montrent d’ordinaire à la surface
des racines ou du bas de la tige, apparaissant à travers
l’écorce, dans laquelle ils sont implantés par leur
base. Ce sont de petits corps durs, irrégulièrement sphériques,
le plus souvent disposés en séries longitudinales
et serrés les uns contre les autres, de façon à former une
petite masse mamelonnée de 2 à 5 millimètres. Ils ne
sont jamais tout à fait superficiels; ils ne sont pas
produits par le mycélium floconneux extérieur, maispar
le mycélium de l’intérieur des tissus et se montrent d’ordinaire
en face des rayons médullaires; de là, leur position
ordinaire en files longitudinales. Il se forme parfois
aussi de semblables sclérotes à l’intérieur de l’écorce
dans le liber et dans la couche génératrice. Ils sont
constitués par du pseudoparenchyme qui se coloie a
l’extérieur en brun très foncé.
La forme conidienne du Dematophora necatrix se
présente extérieurement en touffes d’un fin gazon gris
foncé, dont chaque brin d’un demi à un millimètre de
haut, est blanchâtre à l’extrémité. On ne le voit jamais
apparaître que sur des plantes mortes déjà depuis un
certain temps, quand le mycélium a cessé d’y vivre en
parasite.
Les conidiophores se montrent ordinairement au
collet des plantes. Ils se développent le plus souvent
sur les sclérotes, mais ils peuvent aussi se produire sur
le mycélium floconneux et, d’une façon générale, à la
surface de toutes les parties des plantes attaquées
(fig- 278)- ,
Ces conidiophores apparaissent aux yeux comme des