
M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
La paroi des filaments, assez épaisse pour montrer de
doubles contours, n’est pas formée de cellulose comme
ou peut s’en assurer aisément; l’iode et l ’acide sulfu-
rieque ne produisent pas sur elle la coloration en bleu
qui caractérise la cellulose; toutefois, dans certains cas
F i g . 5 8 . — M v c é l i u m d e Y.'lhtilago Maydis.
(D’après M. Fischor do Waldhcmi.)
ces hyphes ont des parois plus épaisses et alors leurs
couches extérieures présentent les caractères de la cellulose.
Ce fait s’observe particulièrement dans le Charbon
du Maïs. Selon M. Fischer de Waldheim (i) ces
(i) Fis cher de Waldheim B e itra e g e ;u r B io lo g ie und Eiiiipickelungs-
Geschichte d e r Ustilngineen (Jahrb. f . Wissenschaft B o t.,vo \ . VII 1869-1870),
p. 79.
hyphes en pénétrant dans les cellules nourricières
poussent en avant les couches intérieures de leur membrane
et s’enveloppe ainsi d’une mince lame de cellulose
empruntée à la plante hospitalière.
Il est certain que si, après avoir traité par la potasse une
préparation où les cellules sont traversées par des hyphes
à'Ustilago Maydis, on la soumet à l’action de l’iode et
del’acide sulfurique, on voit les filaments du parasite se
colorer d’abord en violet clair, puis en bleu intense.
Quand on la fait chauffer dans une solution de potasse et
qu’on la traite par l’iode, on voit le double contour de
l’hyphe colorée eu jaune apparaître à travers la gaîne
cellulosique; mais, selon M. Zopf, cette gaîne de cellulose
ne serait pas, comme la suppose M. Fischer de
Waldheim, un prolongement de la membrane de la cellule
hospitalière, elle serait due à une modification qui
se produit dans la paroi, des hyphes, quand elles sont altérées;
elles se gonflent alors et quand on les a traitées paila
potasse, elles présentent les réactions de la cellulose.
Le mycélium de presque toutes les Ustilaginées traverse
le corps entier de la plante qu’il infecte ; on ne l’observe,
il est vrai, d’ordinaire qu’auprès du point où il
devient fertile et où se forment les spores, mais on le peut
trouver dans toutes parties de l’axe de la plante quand
elle est jeune. Il n’est pas localisé comme celui des Urédinées.
Bien qu’il parcoure la plante nourricière entière, le
mycelium des Ustilaginées ne produit de ramifications
fertiles que sur des points spéciaux et la formation des
spores ne se fait qu’en des places très particulièrement
déterminées et constantes pour chaque espèce. Pour les
diverses espèces A’ Ustilago qui produisent le Charbon des
céréales, c’est dans l’épi, à l’intérieur des fleurs et de leurs
enveloppes que se produisent les spores. C ’est dans les