
à 1 intérieur des grains cariés, sont presque toutes rapportées
à la grange avec la récolte et ne sont pas comme
celles du Charbon disséminées dans les champs depuis
longtemps. C’est au moment du battage que les spores
de Carie se répandent, soit sur les grains qu’elles couvrent
parfois en quantité telle qu’elles en altèrent la
couleur — on dit alors que le blé est moucheté — soit sur
les pailles, soit même directement sur les fumiers placés
au voisinage de la grange.
Le traitement des grains empêche l’infection par les
spores de Carie qui les couvrent et sans doute aussi
quand les grains sont couverts d’hydrate d’oxyde de
cuivre par les filaments de Tilletia qui peuvent vivre en
saprophyte, dans le sol fumé. Néanmoins on doit éviter
avec soin 1 infection des.fumiers par la Carie ; on veillera
à ce que jamais les criblures et balayures de grange ne
soient portées au fumier comme on le fait trop souvent,
et on en fera des terreaux destinés à être répandus non
dans les champs, mais sur les prés où les parasites des
céréales ne peuvent causer aucun dommage.
Le sulfatage est moins efficace contre le Charbon des
céréales. Les grains que l’on traite ne portent guère de
spores de Charbon à leur surface. Les spores du Charbon
de 1 Orge, de l’Avoine et du Froment sont mûres et se
disséminent avant que le grain ne soit formé, vers l’époque
de la floraison. Beaucoup tombent sur le sol, un
certain nombre sont portées sur les fleurs ouvertes et demeurent
à l’intérieur des baies. Dans les espèces à grain
vêtu comme 1 Orge et l ’Avoine, les baies en se serrant
autour du grain renferment des spores de Charbon qui
ont pu tomber dans la fleur. Le sulfatage ne peut donc
les y atteindre comme il le fait pour les grains de Carie
qui se trouvent à la surface des grains de Blé.
Pour détruire les spores de Charbon fixés à l’intérieur
des baies dans les grains d’Orge et d’Avoine, M. Jensen
a proposé d’employer la chaleur. Déjà, pour la Carie,
Bénédict Prévost avait constaté que les spores perdent
la faculté de germer, quand elles ont séjourné quelques
heures à une température de 5o° R. M. Jensen s’est
assuré que pour le Charbon aussi bien que pour la Carie,
l’immersion des semences dans l’eau à 52“ 5 G. pendant
5 minutes suffit pour détruire le pouvoir germinatif des
spores de ces parasites. Pour l’Orge seulement il est nécessaire
de faire préalablement tremper les semences
dans l’eau pour que la préservation soit suffisante.
Pour obtenir la désinfection par la chaleur, il plonge
les semences contenues dans un panier et y formant une
couche de 20 centimètres au plus, dans une cuve contenant
de l ’eau à 55“ pour l’Avoine, 5q“ seulement pour
l’Orge, durant 3 à 4 secondes, puis le retire pendant 4 ou
5 secondes, et répète cette opération quatre ou cinq fois.
La température du bain baisse d’environ 5", alors on
répète la même opération dans une seconde cuve cinq
ou six fois en laissant le panier immergé assez longtemps
pour atteindre la durée de 5 minutes. La température
dans la seconde cuve baisse moins que dans la
première et reste entre 5 2,5 et 53 ,5 . L ’opération terminée,
on plonge le panier dans l’eau froide (i).
Ce procédé de préservation des semences ne diminue
en aucune façon leur pouvoir germinatif. Dans les
expériences faites par M. Jensen, sur 10 0 grains traités
par l’eau à
5g® 96 ont germé.
56“ 99 « «
52“ 99 « «
(i) Jensen. The p ro paga tion and Preven tion o f Smut in Oast and B a r le y
Jo u rn a l o f the R oyal a g r icu ltu ra l Society o f E n g la n d ,v o \ .K K lV , part. i6,