
3o5 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
des particules de gélatine qui contenaient son mycélium.
L ’infection ne réussissait que sur les feuilles dans un
état languissant ; elle avait pour conséquence la production
de périthèces àt Leptosphaeria T r itic ig u i n’accompagnait
aucune autre forme de fructification. Ses rapports
avec les autres formes imparfaites que l’on observe
auprès de lui sur les feuilles languissantes du Blé restent
donc encore douteux.
S epto ria ampelina Berk. et Curt.
Mélanose de la Vigne.
MM. Viala et Ravaz ont décrit avec détail, sous le
nom de Mélanose, une altération des feuilles de la V igne,
commune dans le midi de la France surtout sur les
cépages américains (i).
Les feuilles atteintes de Mélanose se couvrent de petites
taches d’un brun fauve d’abord pâle; elles s’accroissent
assez rapidement, se réunissent parfois les unes aux
autres et constituent des plaques de forme irrégulière,
dont les dimensions varient ordinairement entre un
demi et un centimètre. En grandissant, elles prennent
une teinte plus foncée et deviennent d’un brun rous-
sâtre et même par places d’un noir intense. La coloration
varie d’un point à l’autre sur une même feuille
(fig. 377.) _
L ’aspect des taches de Mélanose varie sensiblement
selon les cépages, selon les conditions de chaleur et d’humidité
dans lesquelles elles se sont produites, et selon
l’âge qu’avaient les feuilles quand elles ont été attaquées.
Sur les taches de Mélanose, on peut distinguer, sur
(i) Viala et Ravaz, Mémoire sur la Mélanose, Montpellier, 1887.
CH AMP IG NO N S P A R A S I T E S .
les deux faces de la feuille, de petites pustules à peine
proéminentes souvent recouvertes d’une poussière blanche
ressemblant à de la poudre
de craie, ce sont les pycnides
du Septoria ampelina répandant
au dehors leurs très nombreuses
spores.
Ces pycnides se forment soit
dans la couche en palissade,
soit dans la couche spongieuse
du tissu de la feuille tué par le
mycélium; celui-ci serpente
dans les méats intercellulaires
F ig . 3 7 7 . — M o r c e a u DE FEU IL LE
d e V ig n e c o u v e r t e d e t a c h e s
et s’applique sur les parois des
d e M é l a n o s e .
cellules sans jamais les percer
(fig. 378). A peu près globuleuses, elles s’ouvrent très
largement pour émettre leurs spores qui en sortent en
F ig . 3 7 8 . — C o u p e d 'u n e p v c n t d e d e Sep to ria ampelina.
faisceaux. Ces pycnospores sontâ peu près cylindriques,
droites ou légèrement courbées et un peu effilées à leur
base. Elles sont divisées par des cloisons transversales