
liant plus ou moins ; c’est par l’extrémité inférieure, que
l’on peut regardercomme radiculaire, que se fait la croissance.
Le s matières alimentaires s’y portent, elle continue
de vivre et de l’allonger, tandis que l ’extrémité opposée
correspondant à la tigelle s’épuise, se vide et meurt.
Quand la partie terminale inférieure rencontre la surface
d ’une jeune racine nourricière, elle s’y implante et s’y
enfonce, à la façon d’un coin, en dissociant les cellules
qui à son contact s’hypertrophient et se décollent. Cette
partie inférieure est un suçoir primaire qui pénètre en
se ramifiant plus ou moins jusqu’aux faisceaux vasculaires
de la racine nourricière.
Une fois fixée, la plantule grossit de plus en plus et
s’épaissit en un petit tubercule ce llu leux , à l ’intérieur
duquel se forment bientôt des cordons de cellules vasculaires.
L a partie de l’ embryon qui s’est introduite à
l’intérieur du parenchyme cortical de la racine nourricière
y croît et se fraye un passage jusqu’aux faisceaux
vasculaires, sans produire dans les tissus de la racine
nourricière aucune altération morbide. Les cellules du
parasite se soudent intimement avec celles de la racine
nou rricière; elles forment ensemble une masse vivant
d’une vie commune (fig. 470).
N ou rri par la racine où il est implanté, le corps embryonnaire
se développe tant à l’intérieur de ia racine
nourricière qu’à l’extérieur où il se gonfle en tubercule.
L ’extrémité plumulaire de l’embryon, qui restait coiffée
par l’enveloppe de la graine pendant la germination,
meurt le plus souvent de bonne heure et c’est seulement
de la partie inférieure du filament demeurée hors
du tissu de la plante nourricière et renflée en tubercule,
que vont émaner bientôt et les racines porte-suçoirs et
les hampes florales.
Le suçoir primaire forme à l’intérieur de la racine
nourricière des sortes de ramifications; d’autre part
les tissus de celle-ci se multiplient aussi au contact
du parasite, àp eu près comme cela a lieu pour les greffes
et plus généralement à la suite de toute blessure
quand il se forme
un bourrelet. 11 en
résulte une soudure
t e l lem e n t intime
qu’on a peine à distinguer
les unes des
autres les cellules
entremêlées du parasite
et delà plante
nourricière.
Bientôt toute la
partie inférieure et
moyenne du corps
embryonnaire renflée
en tubercule se
hérisse de points
saillants qui sont de
jeunes racines d’Orobanche
(fig. 4 7 1).
Elles ont un caractère
tout spécial, e lles
naissent presque
F ig . 4 7 0 . — Orobanche speciosa.
superficiellement,
Coupe longitudinale d’une jeune plantule d’Oro'banchc
implantée dans une racine. (D'après J I .L . Ko c li)
à une très petite
profondeur au-dessous de l ’épiderme. D’autre part,
vers le sommet du corps embryonnaire il se forme de
même très peu au-dessous de l’ épiderme les premiers
rudiments des pousses florales.
Ces sortes de racines qui rayonnent tout autour du
petit tubercule de l’Orobanche obéissent peu à l ’action de
M A LA D IE S D E S P L A N T E S . — T . I I. 3 i