
l'extrémité de petites basides serrées les unes contre
les autres, à la surface du tissu envahi par le parasite.
Le Gloeosporium qui produit l’Authracnose do la V igne
est le Gloeosporium ampelophagum Sacc.
On ne trouve les filaments de son mycélium qu’à l’intérieur
des cellules ; au voisinage des plaies des sarments,
au-delà des tissus bruns et morts, on voit dans le bois
encore vivant les parois des fibres et des cellules du parenchyme
ligneux couvertes d’un véritable feutrage
d’une grande ténuité.
C’est sur les taches des grains de raisin qu’il est relativement
plus facile d’observer les fructifications. Les
filaments du mycélium se pressente! se multiplient dans
les cellules de l’épiderme du grain, de façon à y former
à la surface du tissu tué du grain et au-dessous sous
la cuticule qui persiste une sorte de stroma composé
de très petites cellules constituant une couche fructifère
à peu près incolore. Les cellules de l’assise supérieure
sont les basides qui portent les spores; elles som
peu allongées et en forme de dôme ou de cône (fig. 382).
Chaque baside porte à son sommet une conidie hyaline,
oblongue ou ovoïde, contenant deux fines gouttelettes.
Les conidies produites en quantité au-dessous
de la cuticule s’y amoncellent et se répandent au dehors
à travers les déchirures de cette fine membrane.
C’est, avons-nous dit, la couche fructifère chargée de
spores et couverte par la cuticule qui donne au fond de
la tache la couleur gris tourterelle si marquée sur les taches
des grains. Celles des sarments sont, du reste, aussi
le siège d’une production considérable de spores. On peut
s’en assurer très aisément en frottant le fond d’une de ces
plaies d’Anthracnose avec un pinceau humide; les spores
s’y attachent en grand nombre. En portant la pointe
du pinceau dans une goutte d’eau déposée sur une lame
de verre on voit les spores se répandre dans le liquide.
Elles y germent facilement (fig. 383). Elles se gonflent
d’abord considérablement ct parfois se cloisonnent transversalement,
puis elles produisent soit un seul, soit, d’ordinaire,
deux tubes de germination qui s’allongent dans
le prolongement de l’axe de la spore. Ces tubes se
renflent en présentant successivement des dilatations
Fig. 382. — Glaeosporium ampelophagum.
A, Coniflios nppariiissant au sommet de lenv support à travera la cuticule flceliiréo. — B, Coniflios
isolflcs. — C, Coirpe dit stroma qui porte à sa surface les couiflies.
et des rétrécissements qui les rendent toruleux; ils
forment ainsi une sorte de chapelet dans lequel la
spore primitive occupe la partie médiane. Ce filament
primaire qui s’allonge par les deux bouts produit des
ramifications qui présentent le même caractère, se renflant
par des dilatations successives dès leur origine.
Il peut naître de ces rameaux de la spore primitive
comme de tout autre point du filament primaire.
En mettant une goutte d’eau chargée de spores sur
une feuille, une jeune tige ou un grain dans un milieu